
Pour l'inspecteur santé publique vétérinaire à l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), « certes, la faune sauvage peut véhiculer des maladies, et parfois de façon très problématique, mais elle ne doit pas pour autant en devenir un bouc émissaire » lorsque survient une épidémie. Une façon de dire que, quoi qu'il en soit, les programmes sanitaires menés dans les élevages demeureront l'arme de lutte prioritaire et qu'il ne faut absolument pas en faire l'économie. Ou encore, comme le dit le président du GDS 35 Gilles Lavollée : « nous devons en premier lieu balayer devant notre porte ».
Des espèces en expansion
Si la faune sauvage est facilement décriée, c'est que ses espèces s'avèrent bien prolifiques : « la population de ragondins est en expansion. Le tableau de chasse du sanglier, de son côté, a été multiplié par 6 en 20 ans en France, et donc globalement sa présence, liste Jean Hars. C'est une espèce qui s'adapte tellement bien que, même si les chasseurs tuent chaque année environ la moitié des nouveaux individus, le cheptel se reconstitue, voire plus ». Le chevreuil, le cerf, sont aussi en développement. De quoi, tout logiquement, augmenter le risque de contact avec les animaux d'élevage, et donc celui de transmettre de maladies.
Pour mieux chiffrer la donne, un programme 2009 – 2010 de la faune sauvage (sanglier, renard) a été mis en place dans certains départements français dont l'Ille-et-Vilaine, pour les trois maladies que sont la brucellose porcine, la maladie d'Aujeszky et la trichinellose. Dans le 35, la première maladie s'est avérée très fréquente chez les animaux; la présence de la maladie d'Aujesky se limiterait à la zone de la forêt du Teillay; et tous les renards se sont avérés négatifs en matière de trichinellose.
La tuberculose, le retour
Le cas de la tuberculose chez les animaux sauvages, en revanche, est plus problématique : « on pensait la maladie éradiquée au début des années 2000. Or nous avons assisté à une recrudescence, dans quelques départements français (Côte d'Or, Dordogne) à partir de 2004, retrace le scientifique. Nous pensons que le problème est venu de bovins qui ont contaminé les animaux sauvages. Ensuite quelques espèces sont devenues réservoirs (cerf, sanglier, blaireau), le souci étant que la maladie est très difficile à éradiquer chez eux ». Si le sanglier ne semble pas en mesure de maintenir la maladie après abattage des animaux atteints, le cerf et le blaireau, en revanche, le sont. Pour l'heure, un programme de recherches d'une durée de trois ans va être lancé en 2011. « L'Ille-et-Vilaine ne sera sans doute pas classée à risque. Mais se pose la question de savoir s'il y a d'autres départements en France, que la Côte d'Or et la Dordogne, qui le sont ».
Anne-Laure Lussou
GDS : poursuite des activités
- FCO : 1 foyer en France en 2010, 96 % du cheptel 35 vacciné
- BDV : 54 % du département classé A
- Paratuberculose : 235 visites de suivi réalisées en 2010
- Tuberculose : attention au risque de réémergence de la maladie au contact de la faune sauvage
- Brucellose : vigilance également
- IPG : 152 000 mouvements IPG notifiés en 2010