
Du fait du besoin de réactivité face aux adventices, la disponibilité du matériel et sa localisation (limiter les distances parcourues) sont des aspects primordiaux du désherbage mécanique. Cette année, les producteurs s'engageant aux côtés du syndicat du Bassin versant (BV) de la Vilaine amont pour tester ce type de technique sur maïs vont bénéficier d'un parc matériel élargi : trois houes rotatives (ETA Guillon Barbot, InterCuma Haute Vilaine et Cuma Portes de Bretagne) et deux bineuses (InterCuma Haute Vilaine et ETA Guillon Barbot). « La promotion de cette technique ne peut se faire sans l'appui des coopératives et entreprises agricoles qui mettent à disposition du matériel qu'un agriculteur seul ne pourrait acquérir », notent les responsables de l'action « Désherbage mécanique du maïs », renouvelée depuis 2005 sur le BV de la Vilaine amont.
Recensement du matériel
Le syndicat souhaite d'ailleurs renforcer son action sur cette problématique matériel, qui conditionne la pérennité de la technique sur l'exploitation. « Nous allons recenser les projets éventuels d'achats sur le territoire et constituer si possible des petits groupes d'agriculteurs demandeurs », précise Sarah Humbert, animatrice agricole sur le BV.
Face aux adventices du maïs, deux matériels se complètent. La houe rotative agit sur toute la surface, projetant la terre et arrachant les adventices jeunes (filament ou cotylédon). Elle peut être passée de la pré-levée au stade 4 feuilles du maïs, avec une vitesse minimale de 18 km/h pour être efficace. Armée de dents équipées de socs, la bineuse intervient ensuite, aux stades 4 à 8 feuilles du maïs, en se cantonnant à l'inter-rang.
« Elle peut être combinée à d'autres outils : pulvérisation sur le rang, semis du couvert », rappelle Sarah Humbert. En général, deux passages de houe précèdent un passage de bineuse sur une campagne. Ces outils ne sont efficaces que s'ils sont suivis d'au moins un ou deux jours de temps séchant.
Accompagnement financier et technique
L'objectif est d'aller le plus loin possible en mécanique, avec une possibilité d'utiliser le chimique à faible dose, entre la houe et la bineuse. Pour mettre toutes les chances de leur côté, les agriculteurs sont accompagnés dans leurs décisions par David Roy, technicien Agrobio 35, qui passe régulièrement
sur l'ensemble des parcelles de l'opération.
Pris en charge par le syndicat, l'accompagnement technique commence d'ailleurs bien en amont. Seront plutôt choisies des parcelles n'ayant pas trop de résidus, de pierre, de pente.
Un travail du sol sans mottes sera privilégié, avec un sol nivelé. Semer en terre réchauffée et à une profondeur de 4-5 cm seront aussi des facteurs de réussite (90 000 – 95 000 graines/ha recommandées). « Trois réunions bout de champ sont prévues pendant la campagne ».
En routine, un passage de houe rotative coûte autour de 30 €/ha avec chauffeur. Pour une bineuse 6 rangs, le coût se situe à 40 €/ha environ. Des chiffres qui pourraient être réduits si la demande s'accroît et qui doivent être mis en parallèle avec les avantages agronomiques de ces techniques. Sans oublier les enjeux actuels liés à la reconquête de la qualité de l'eau, au Grenelle, à l'augmentation de la surface en bio... Agnès Cussonneau
Photo : De gauche à droite : David Roy, technicien Agrobio 35, Jérôme Guillon, gérant de l’ETA Guillon Barbot, et Jean-Yves Lerétrif, président de la commission agricole du BV.
Inscription avant les semis
Les agriculteurs du BV souhaitant tester le désherbage mécanique du maïs doivent s'inscrire avant les semis pour bénéficier des conseils techniques. Cette action s'adresse aux producteurs «conventionnels» (non inscrits dans une MAE, non bio...). Ils participent à hauteur de 20 €/ha, quel que soit le nombre de passages d'outils mécaniques (5 ha maximum). Ils peuvent également s'y inscrire une deuxième année avec une participation de 30 €/ha. Une réunion de lancement avec les agriculteurs intéressés aura lieu le mardi 29 mars à 14 h à l'ETA Guillon Barbot, Chanteloup à Vitré (proche route des Eaux). La houe rotative, ainsi que la bineuse acquise en 2011 par l'ETA, y seront visibles.
Contactez Sarah Humbert au 02 99 74 35 22.