Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Morbihan (56)
Initiatives locales / Des territoires pleins d’énergies
 

Les collectivités doivent définir une politique globale de maîtrise de l’énergie, dans le cadre de l’agenda 21. Certaines d’entre elles montrent l’exemple en investissant du temps et de l’argent dans des programmes d’économies ou de production d’énergie. « Il y a urgence », alerte Michel Janssens, responsable du pôle technique du Val d’Ille (35). « Sur notre communauté de 18 000 habitants, au nord de Rennes, nous avons calculé que chaque individu a dépensé 250 €, en moyenne, de plus sur l’année 2010 (par rapport à 2009), en raison de l’augmentation des prix de l’électricité, du gaz, du fioul et des carburants pour se rendre au travail. » Plus de 4 millions d’euros au total, à l’échelle d’une petite région. « Certaines familles commencent à se chauffer au pétrole, croyant faire des économies. C’est aussi cher et bien plus préjudiciable en matière d’émissions de gaz à effet de serre. » Les communes travaillent avec ce public peu sensibilisé aux problèmes environnementaux mais néanmoins jugé prioritaire.


Les agriculteurs s’impliquent


Chaque territoire a sa problématique : l’installation de nouvelles entreprises au Val d’Ille, en zone périurbaine. « Nous délivrons des conseils et, au final, un visa avant le dépôt du permis de construire des bâtiments. L’objectif est de construire des structures les moins énergivores possibles. 90 % des entreprises approuvent notre démarche. » À Cap l’Orient, les efforts sont portés sur les transports urbains et l’isolation des bâtiments. La communauté de communes du Mené dans les Côtes d’Armor (6 400 habitants, sur 7 communes) fait figure de précurseur et peut servir d’exemple en zone rurale.
Les besoins énergétiques y sont estimés à 16 700 tonnes équivalent pétrole, soit 11 millions de dépenses annuelles. « Nous avons répertorié nos ressources potentielles », indique son représentant Michel Fablet, maire de Le Gouray. 2 750 ha de bois, une biomasse végétale et animale sur 12 000 ha de cultures, une ligne de crêtes à plus de 300 m de hauteur, pour l’éolien, et une forte volonté des élus et de la population d’aller de l’avant.
A ce jour, 4 500 m2 de locaux communaux et logements locatifs sont chauffés au bois plaquettes, issu de haies de bocage.
« Les plaquettes sont livrées par les agriculteurs ou par des transporteurs locaux, selon la distance. » L’huilerie de Ménergol, en Cuma (une quarantaine d’agriculteurs adhérents), produit de l’huile de colza et des tourteaux.
« Le projet de méthanisation Geotexia est sur les rails (voir encadré) et nous souhaitons développer la méthanisation à la ferme, en parallèle. » 120 familles sont impliquées dans un projet éolien, dont elles détiendront 34% du capital social.


Formation des artisans locaux


Les projets ne manquent pas sur la communauté de communes du Mené : des chaudières et des réseaux de chaleur à bois, une plantation de 30 ha de taillis de saules à rotation courte et une plate forme communautaire pour le stockage du bois, un champ photovoltaïque de 6 ha, sur une zone industrielle, la construction de 35 pavillons à énergie positive, avec la formation d’artisans locaux à ces techniques et enfin l’équilibrage du réseau électrique en boucle locale (production-consommation locale).
« Nos efforts doivent dynamiser le territoire, créer des emplois et attirer des habitants. Nous n’oublions pas d’inciter la
population et les entreprises aux économies d’énergie, sans quoi tous les efforts visant à développer la production durable
sont vains. » Bernard Laurent


Photo : La communauté de communes du Mené (22) a, entre autres projets, l’implantation d’une trentaine d’hectares de saules pour développer sa filière bois de chauffage.





Geotexia méthanisation
L'exploitation du site devrait générer un chiffre d'affaires prévisionnel de 4 M€. L'investissement s'élève à 14,6 M€. Geotexia va traiter par méthanisation 35.000 t de lisier et 40.000 t de coproduits issues d’une trentaine élevages et d'entreprises locales dont l'abattoir Kerméné de Collinée (22). Cette unité produira un biogaz qui alimentera deux moteurs de production d'électricité de 1,3 MW. La chaleur produite sera, en partie, utilisée pour sécher la matière organique (digestat) et en faire un compost solide commercialisable.



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Date de l'article : semaine du N° du 25 au 31 Mars 2011
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