
En amont des élevages avicoles, les sélectionneurs adaptent les souches aux demandes du marché, à l'aide de la génétique. Puis, les accouveurs se chargent de l'élevage des parentaux pour produire les œufs à couver, approvisionner leurs couvoirs et fournir aux éleveurs les poussins d'un jour.
Spécialisé en poulet de chair
De la qualité des poussins dépendront la vigueur au démarrage, la croissance, l'état sanitaire et la rentabilité des lots de volailles. Près de 120 entreprises se répartissent le marché français de l'accouvage et 1 200 élevages de reproduction assurent leur approvisionnement. Le couvoir Perrot est spécialisé en poussins de chair et se situe au 4e rang de la production française de poussins avec un peu moins de 10 % du marché national.
La vie de la société a été marquée par quelques étapes clés. Créé en 1960, le couvoir prend feu en 1994, il est reconstruit à neuf en 1995 à Pommerit-Jaudy (22). En 2006, le couvoir Perrot crée un GIE avec Grelier pour mettre en commun les moyens commerciaux. Il reprend son autonomie 4 ans plus tard, à cause d'une différence de stratégie. Sa capacité est aujourd'hui de 1,4 à 1,5 million de pou-ssins/semaine. « En amont, nous avons une soixantaine d'éleveurs qui élèvent 500 000 poules repro », souligne Dominique Perrot. Le couvoir occupe tous les segments de marché, du poulet standard au fermier en passant par le certifié.
Prévoir et planifier
« Nous sommes placés au cœur du bassin avicole breton », explique le directeur général. « Nous avons une relation étroite avec nos clients, ce qui nous permet de connaître les souches qui seront demandées demain. Compte tenu des cycles de reproduction, nous devons être réactifs dans nos prévisions. Nous planifions actuellement l'année 2012 et nous réfléchissons déjà à la production de 2013. »
La compétitivité de la filière accouvage repose sur les performances obtenues par les reproducteurs : le nombre d'œufs, la fertilité, le taux éclosion. Le bien-être animal est un élément important. « Nous avons supprimé l'automatisation de la séparation coquille-poussin pour revenir à une opération manuelle et obtenir un tri de qualité. »
« Nos clients sont principalement sur le Grand Ouest (55 à 60 % en Bretagne). Depuis 10 ans, la filière a régressé en France et en Bretagne malgré la légère croissance de la production de poulet (+ 4 % en 2010), liée à l'exportation. » Malheureusement la croissance de la consommation intérieure est surtout approvisionnée par les importations. « Nous regardons l'avenir avec sérénité », confie Dominique Perrot. « Nous voulons rester libres de nos choix, notamment au niveau des souches, pour coller aux besoins de la filière. Nos clients demandent que nous soyons compétitifs, réactifs et adaptables à leurs demandes. » Patrick Bégos
Photo : Les œufs séjournent dans les incubateurs (maîtrise de la température, de l'hygrométrie…) pendant 18 jours avant éclosion.
De l'œuf à couver au poussin d'un jour
Le métier d'accouveur démarre en amont de la production des œufs à couver. Il achète les parentales d'un jour, futurs parents des poussins qu'il vend. Le couvoir Perrot est propriétaire des poules repro qu'il confie à des éleveurs. De 20 semaines à 62-65 semaines, les poules sont fécondées par des coqs sélectionnés et produisent des œufs à couver. L'activité du couvoir consiste ensuite à collecter ces œufs, à les incuber, à les mirer, et faire éclore les poussins d'un jour. Les œufs sont conservés quelques jours à 18°C. Puis en fonction des commandes, ils sont mis en incubateurs pendant 18 jours, au cours desquels l'embryon se développe. Quelques heures après leur naissance, les poussins sont triés, conditionnés et expédiés chez les éleveurs de poulets. La maîtrise de l'hygiène à tous les niveaux est capitale.