
« L’association du Grand bassin de l’Oust (GBO)a subventionné la réalisation de plans de fumure lorsqu’ils n’étaient pas encore obligatoires et sensibilisé les agriculteurs sur leur intérêt. Dans un même objectif de reconquête de la qualité des eaux, elle a financé la mise en place de couverts végétaux et le classement des parcelles à risque », indique Patrick Latouche, directeur de la structure, transformée depuis en syndicat mixte. Les résultats sont probants : la teneur en nitrates a baissé, même si, dans certaines zones, le taux reste élevé (voir carte). Les pratiques encouragées financièrement au départ, comme la couverture hivernale des sols, perdurent malgré la suppression des aides,
souvent pour des raisons agronomiques. Les efforts du syndicat se poursuivent. Deux analyses annuelles (terres, effluents ou reliquats azotés) sont prises en charge par le GBO pour affiner les plans de fumure. Des mesures agroenvironnementales visant à limiter la fertilisation azotée et à gérer les zones humides sont financées sur le bassin versant de la Claie.
Des essais de couverts, en lien avec les services de la Chambre d’agriculture, sont réalisés. La destruction mécanique est encouragée, pour éviter le recours aux pesticides. « Trop peu d’agriculteurs suivent ces démonstrations de destruction », déplore le directeur. Au moment où les champs jaunissent sous l’effet du glyphosate, il alerte sur la présence de l’Ampa ( issu de la dégradation de ce glyphosate), seule molécule dont la teneur augmente sur l’ensemble des bassins versants du GBO. Fabrice Caro, aviculteur à Cruguel, souligne que l’augmentation de l’usage du glyphosate est liée à l’interdiction d’autres molécules.
Les communes changent de pratiques
Les agriculteurs ne sont pas les seuls visés par les actions de sensibilisation du GBO. « Nous avons présenté la charte régionale d’entretien des espaces communaux dans les 128 communes du Grand bassin de l’Oust ». L’objectif est de former le personnel aux techniques alternatives de désherbage et de sensibiliser les élus. Des plans d’entretien sont concoctés en tenant compte des risques phytosanitaires. Les zones imperméables sont nombreuses en agglomération. « La population doit changer de culture et accepter les brins d’herbe, y compris dans les villes », estime Jean Claude Lozé, vice-président, chargé de l’agriculture et maire de La Grée Saint Laurent. Entre 2001 et 2008, les communes du GBO ont divisé le volume de pesticides épandu par deux. Beaucoup de travail reste à faire, notamment à destination les particuliers. La charte régionale « Jardiner au naturel » sera officiellement lancée, sur 8 communes du secteur, le jeudi
24 mars. Bernard Laurent
Photo : La concentration en nitrates baisse dans la majorité des cours d’eau. Certaines zones restent au dessus de la norme des 50 mg/litre.
Haies et talus financés jusqu’en 2013
Le syndicat mixte du GBO
appuie les actions du programme Breizh bocage. Les techniciens rencontrent actuellement les agriculteurs dans plusieurs communes pour les inciter à planter dans les endroits à risque érosif. Le financement de la création de talus ou de haies est acquis jusqu’en 2013. Le syndicat incite les agriculteurs à en profiter. Les mesures pourraient, en effet, être obligatoires, sans aides, après cette date. Les aménagements antiérosifs sont l’une des réponses à la problématique phosphore.