Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 35 | Article n°11680 |
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Ille et Vilaine (35)
La contractualisation se met en place
 

Lors de l’assemblée générale d’Arco-Gibev, Christian Griveau, le président du groupement d’éleveurs, a présenté des résultats satisfaisants de l’activité viande sur 2010. Le nombre de jeunes bovins (14 600) et de gros bovins (4 100) commercialisés ont progressé par rapport à 2009. En revanche, les engraisseurs ont réduit la voilure en fin d’année. Du coup, sur le maigre, l’activité du groupement a reculé. À l’origine du ralentissement des mises en place, la conjoncture bovine face « à la sécheresse de l’été dernier et l’envolée spectaculaire du prix des matières premières. Depuis septembre, des éleveurs réduisent leur activité d’engraissement pour produire des céréales », explique Christian Griveau. Alors que la France est déjà importatrice de viande de bœuf, le président s’inquiète de voir s’affaiblir des filières pourtant bien structurées et essentielles à l’économie régionale.


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Alors qu’au « Mexique, des bovins sont engraissés avec de la fiente de volailles brute, qu’aux Etats-Unis, l'utilisation d'hormone en viande bovine est considérée comme une pratique bénéfique pour l'environnement, nous avons une production de viande de qualité, présentant toutes les garanties de traçabilité et de sécurité alimentaire. La production agricole et l’agroalimentaire, c’est 14,3 % des emplois dans le Grand Ouest. En Bretagne, l’agroalimentaire, c’est près de 20 % du PIB », rappelle-t-il. Christophe Godet, le président de Ter’élevage, se montre tout aussi attaché à ce travail en filière. « Avec Ter’élevage, nous avons regroupé l’offre, organisé des filières et nous avons de l’avance. » Car le chantier actuel se cache derrière le mot « contractualisation ». Grâce à la proximité d’Élivia, 6 contrats ont été proposés par Ter’élevage en 2010. Par exemple en jeunes bovins laitiers, pour écrêter les excédents printaniers, « 2 690 animaux, ont fait l’objet d’une anticipation de sortie », illustre jacques Chauviré, directeur de Ter’élevage. « Les contrats apportent la visibilité nécessaire aux éleveurs et permettent de mettre en place des productions rémunératrices pour toute
la filière », poursuit Christophe Godet, « et s’il y a un maillon faible, cela ne pourra pas durer longtemps. » Mais pour l’heure, il y a surtout un maillon manquant, et de taille : la distribution. Les professionnels l’invitent à la table. « Il est vital et urgent que nos viandes soient valorisées à leurs justes prix. Les distributeurs doivent proposer aux consommateurs un prix équitable pour tous. Nous sommes prêts à y travailler », conclue Christian Griveau.


Une porte vient de s’entrouvrir


Gérard Cladière, directeur adjoint d’Élivia, un des organes de transformation partenaire d’Arco-Gibev, apporte une touche d’optimisme. Pour lui, « un discours nouveau s’installe chez les distributeurs. Il y a encore deux ans, notre demande de contractualiser serait restée lettre morte. Aujourd’hui, ils sont prêts à y réfléchir ou à faire des essais. » Il y aura encore beaucoup de travail à faire pour aboutir à des résultats probants, « mais la porte s’est ouverte. Un tout petit peu. »
Le sujet des prix donne une idée de l’ampleur du chantier à entamer pour que la distribution intègre la filière. Avec une réduction des exportations sud américaines et un essor de la demande asiatique, la conjoncture s’éclaircit et l’orientation des cours mondiaux est meilleure.


Du pvc découle le grammage


Pourtant, cela peine à se traduire rapidement par des augmentations tarifaires entre les transformateurs et les distributeurs. « Les prix à la consommation sont relativement déconnectés de ces cours mondiaux. Nous travaillons surtout sur la base des Prix de vente consommateur (PVC). De cet indicateur découle notamment le grammage des produits », précise le directeur adjoint d’Élivia. Pour lui, l’avenir de la viande bovine passe par l’innovation, « malgré les discours sur le retour aux cuisines, au quotidien, le consommateur n’a pas le temps et il cherche surtout des plats élaborés. » Chez Élivia, cela se traduit par exemple par le développement de gammes de steaks hachés « spécial hamburger » ou aux pépites à la tomates. Car si la consommation de viande bovine s’est maintenue en 2010
(+ 0,1 % par rapport à 2009), c’est grâce au haché, « le reste est à – 3% », reprend Gérard Cladière. Mais pour éviter que le produit plaisir qu’est le bœuf ne devienne un plaisir rare, il faudra que « la hausse des prix passe aussi sur le haché ». Ronan Lombard


 


photo : Christian Griveau, président d’Arco-Gibev.


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Date de l'article : semaine du N° du 18 au 24 Mars 2011
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