
Agriculture écologiquement intensive (AEI). Des termes difficilement associables pour certains tenants d’une agriculture qui pour être écologique devrait être forcément extensive. Ancrée dans leur philosophie, l’idée que l’on puisse produire propre et beaucoup leur paraît incongru. C’est justement ce que veulent aujourd’hui démentir les élus de la Chambre d’agriculture qui font de ce concept « Agriculture écologiquement intensive » une ligne directrice forte, aux Terralies, lors des portes ouvertes Innov’action du 21 au 24 juin, et un peu plus tard au Space.
Ecologique et intensive. Les responsables agricoles n’entendent pas le terme écologique soit uniquement accaparé par ceux qui ont fait de l’environnement une idéologie réductrice, et un cheval de bataille avec une connotation politique prononcée. Quant au mot intensive, ils refusent de le voir attribué négativement, comme le superlatif d’une agriculture « du produire toujours plus » et dans n’importe quelles conditions.
Eco’productive
Jean-Luc Dupas, membre de la Chambre d’agriculture et en charge du dossier Innov’action, explique « L’Agriculture écologiquement intensive est celle qui est capable de répondre à l’ensemble des défis : alimentaire, environnemental, énergétique, social et bien sûr économique ». Il revendique d’ailleurs un autre terme pour cette agriculture qu’il qualifie aussi d’ « Eco-productive », car elle englobe les aspects économiques et écologiques. « J’ai le sentiment que le mot intensif, pris au 1er degré, fait peur ».
Concrètement lors de l’édition 2011, Innov’action, du 21 au 24 juin, reprendra la logique de 2010. « Montrer sur le terrain, dans des exploitations lors de portes ouvertes pour les différentes productions, ce qui se fait de bien ». Les thématiques sont variées : préservation des sols, qualité de l’eau, santé animale, performance énergétique en culture ou en élevage, valorisation de la biomasse… « Ce qui ne veut pas dire que tout est transposable, mais il y a toujours des idées à prendre. En fait, une autre approche de la vulgarisation par dessus le talus, qui a fait progresser par le passé l’agriculture bretonne ». A noter aussi que pour cette édition, la Chambre d’agriculture travaille en partenariat avec la FDcuma pour mettre en valeur des actions innovantes autour de l’utilisation de certains matériels. Pierre Dénès
Photo : Quelques membres du comité d’organisation d’Innov’action lors d’une réunion de préparation.