Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Un itinéraire à bas niveau d'intrants
 

Faisant suite au Grenelle de l'environnement, le plan Ecophyto 2018 a pour but de diminuer de 50 % l'usage des pesticides au niveau national, dans un délai de 10 ans, en préservant la production agricole. Dans ce domaine, les lycées agricoles ont une mission de vulgarisation vis-à-vis des agriculteurs de demain.
« En Bretagne, le lycée du Rheu (35) a été retenu pour une action spécifique réalisée par les étudiants de BTS Acse : la conduite et le suivi des systèmes de cultures à bas niveau d'intrants », explique Lise Emeraud, correspondante agriculture durable du lycée. « Cette démarche n'est pas nouvelle. Nous y sommes engagés depuis 15 ans, avec le désherbage mécanique (hersage et binage) ». L'exploitation du lycée est constituée de 69 ha dont
20 ha de maïs et 3 de blé.


Eviter la concurrence des adventices


Après labour, début novembre, une parcelle a été ensemencée en blé avec une variété tolérante aux maladies (Attlass), à densité plus importante (390 grains/m2) pour palier aux pertes liées au désherbage. La parcelle a été fertilisée par du lisier de porc (45 m3/ha), avec un apport de 30 unités d'ammonitrate en complément. Le désherbage mécanique du blé a été réalisé à la herse étrille. « L'objectif n'est pas l'élimination totale des adventices mais plutôt d'éviter la concurrence. Certes, il faut disposer de l'outil de désherbage et du créneau favorable pour intervenir sur les terres ».
Un seul fongicide devait être utilisé pour la protection contre les maladies, mais, au final, il n'y a pas eu de traitement, compte tenu des conditions favorables de l'année. « La protection de la culture doit se prévoir dès le choix de la variété sur les critères de sensibilité/tolérance aux maladies du feuillage », estime Lise Emeraud.  
Le rendement a été de 65 q /ha pour une marge brute de 632 €/ha, comparée aux 395 € de l'étude de groupe (2009)
et aux 619 euros/ha du quart supérieur. « Ceci s'explique par des charges opérationnelles
inférieures (143 € contre 391 €/ha pour le quart supérieur), en raison d'une moindre utilisation des engrais et des produits phytosanitaires ».


Passer du temps


La parcelle de maïs a été semée à une densité de 112 000 grains /ha, à une profondeur de 5 cm, en choisissant une variété dotée d'une bonne vigueur et non traitée. Elle a été fertilisée par du lisier de porc. Contre les adventices, la lutte est mécanique, avec 5 passages d'outils, de la pré-levée au stade 8 feuilles
(1 passage de herse étrille, 2 de houe et 2 de bineuse).
Le rendement de 2009 correspond aux objectifs fixés : 13 t/ha. « Les charges opérationnelles, sans la mécanisation, se sont élevées à 158 €/ha (essentiellement pour les semences), ce qui montre que l'on peut maîtriser les coûts de production », estime Lise Emeraud. Cependant, le temps de travail lié au désherbage mécanique (au total plus de 1,5 heure/ha) et l'utilisation du matériel (investissement, usure et consommation) n'ont pas été comptabilisés. Ce travail demande à être approfondi.
Patrick Bégos


 


Photo : Un passage de houe rotative sur maïs permet d'éliminer les adventices, tout en aérant le sol.

 






Performant et disponible


Pour baisser les produits phytosanitaires, il faut être performant dans les rotations et le choix des variétés. Il faut aussi être disponible et présent quand la bonne fenêtre météo se présente, ce qui demande de l'assiduité. On n'est pas à l'abri de surprises : excès d'eau hivernal, faible disponibilité de variétés tolérantes, sécheresse estivale, attaques d'oiseaux… « Les exploitations de polyculture-élevage de taille moyenne peuvent entrer plus facilement dans cette démarche et maîtriser les itinéraires techniques à bas niveaux d'intrants ».



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Date de l'article : semaine du N° du 18 au 24 Mars 2011
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