
Au-delà de la polémique sur les chiffres lors de la mise en place du dispositif, les Chambres d’agricultures expliquent leur démarche. « Cette mission d’appui conseil gratuit aux éleveurs les plus endettés nous a été confiée par l’État dans le cadre du plan d’accompagnement des éleveurs de porcs confrontés à des difficultés », expliquent André Corlay, chef du service conseil entreprise à la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor, et Benoît Roncin, conseiller de gestion, coordinateur départemental. « Nous répondons le plus souvent à la demande des éleveurs eux-mêmes, parfois encouragés par leurs partenaires qui constatent l’urgence d’intervenir ».
Situations contrastées
« Notre première approche est d’abord d’écouter les éleveurs afin de faire le constat en toute indépendance ». La quarantaine de dossiers en cours d’étude sur le département révèle d’ailleurs des situations très contrastées. « Certains éleveurs ne sont pas toujours conscients de la gravité de leur situation. D’autres, par contre, cèdent au découragement, alors que les fondamentaux ne sont pas si mauvais et qu’un recadrage pourrait suffire. Ils ont alors besoin d’être rassurés par rapport aux créanciers, à l’avenir, au patrimoine privé ».
Difficile donc d’établir un plan d’action type, d’autant qu’avant d’élaborer des scénario envisageables, il faut non seulement avoir étudié les aspects techniques, économiques, sociaux mais également chiffrer la faisabilité et les conséquences des choix en tenant aussi compte d’éventuelles contraintes à venir, comme par exemple les mises aux normes… Les comptables et techniciens de l’exploitation sont associés à cette démarche.
La deuxième étape, c’est la rencontre avec les différents partenaires : banques, fournisseurs d’aliments, groupements, et autres créanciers (MSA…). « Un tour de table indispensable, car c’est à partir des positions adoptées par les partenaires que vont pouvoir se formaliser concrètement les propositions ».
Les deux techniciens précisent qu’à ce niveau, les conseillers de la Chambre sont là pour accompagner l’éleveur. « Notre rôle est de l’éclairer sur les aspects économiques et juridiques des décisions qui pourraient être prises ».
Une mission longue
La troisième étape, va consister, après acceptation des différentes parties, à la mise en oeuvre d’un plan. « Dans le pire des cas, lorsque la continuation de l’activité n’est plus possible, ou si l’éleveur ne souhaite plus poursuivre, il faut accompagner et organiser la sortie du métier. Nous sommes là pour le mettre en relation avec les conseillers juridiques, les organismes sociaux ou de reconversion ».
De même, si la continuité de l’activité est jugée possible, il convient d’en établir les conditions juridiques et techniques. « Nous recensons les actions à engager et établissons avec l’éleveur et les partenaires les conditions de mise en œuvre dans le temps ».
Les solutions peuvent être multiples : poursuite de l’activité totale ou partielle, arrêt d’un atelier… Notant qu’en cas de désaccord, le conseiller analyse avec l’éleveur les marges de manœuvre dont il dispose.
C’est par conséquent à un suivi dans le temps auquel s’engagent les conseillers. « En fait, concluent André Corlay et Benoît Roncin, la recherche de solutions peut s’avérer parfois longue. Nous estimons donc qu’au-delà du diagnostic, l’accompagnement global peut se prolonger sur un an supplémentaire ». Pierre Dénès
Photo : Benoît Roncin, conseiller de gestion, coordinateur départemental du plan et André Corlay, chef du service conseil entreprise à la Chambre d’agriculture des Côtes d’Armor.
Contacts départementaux
Plan d’accompagnement
des éleveurs de porcs
Côtes d’Armor :
02 96 79 20 15
Finistère :
02 98 52 49 74
Ille et Vilaine :
02 23 48 26 70
Morbihan :
02 97 46 22 00