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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Bovins Viande | Article n°11667 |
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Grosse bataille sur le marché mondial
 

« Les prix flambent aujourd'hui  (surtout en mâles) au niveau mondial : au Brésil c'est du jamais vu, le kg de carcasse
de bouvillon atteignant plus de trois euros contre 1,4 – 1,7 euro auparavant ! », relève Philippe Chotteau, de l'Institut de l'élevage, devant les adhérents de l'association Bretagne Blonde d'Aquitaine (ABBA) réunis en AG. « La monnaie y flambe, l'offre y est en baisse – ce qui ne durera pas, une recapitalisation étant en cours –, et la consommation tire les prix. » En Argentine, Australie… même topo : « les prix flambent, certes pour des raisons différentes, mais tout se passe comme si l'on manquait vraiment de bœuf. »
Pour autant, c'est avec un grand décalage que l'Union européenne a pu bénéficier de cette embellie mondiale, tandis que le coût de production, lui, grimpait toujours. « La hausse des prix a été tardive, fin 2010, et inégale,
commente Philippe Chotteau. Elle est essentiellement due aux exports sur le marché turc, suite à la baisse des droits de douane : la France n'a commencé à y exporter qu'en décembre, ce qui a tiré les prix des mâles, puis des vaches de réforme et un peu des génisses. » En tous les cas, si le prix du bœuf monte aujourd'hui, dans l'UE, c'est bien grâce à aux exports, pas grâce à la consommation intérieure.


Demain des besoins


Et demain ? Augmentation moyenne du niveau de vie aidant, les perspectives de consommation  dans le monde sont à la hausse (+1,5 %/an pendant 10 ans). Néanmoins les différences de consommation (par exemple 27 kg/habitant/an en France contre 4 en Pologne) resteront très importantes d'un pays à l'autre. Et tout pays qui consomme produit en partie ses besoins : seuls 3 pays dans le monde importent plus de 30 % de leur consommation de bœuf. 
Au rang des zones d'importation, le spécialiste zoome néanmoins
volontiers sur le pôle Afrique – Moyen Orient, qui, « avec la baisse de compétitivité de pays comme le Brésil, redevient un marché de l'Union européenne. » En effet des pays comme l'Argentine ont converti en cultures beaucoup de leurs terres initialement dédiées à l'élevage, d'où un potentiel moindre d'exportation de viande. Reste à espérer que l'UE, qui enregistre déjà une baisse structurelle de sa production ne fasse pas de même. La crise médiatique et écologique qu'a connue la filière ne fait rien pour aider. Ailleurs, ce sont les crises sanitaires qui menacent… Au final, pour Philippe Chotteau, « la consommation de viande va augmenter dans le monde et la production suivra, car il y a du potentiel, mais il n'y en a pas tant que ça : c'est une vraie question que de savoir qui y répondra aux besoins et comment. »
Anne-Laure Lussou


 


Photo : Feed-lot en Californie : la production a augmenté en Amérique du Nord comme au Brésil et en Chine. Elle a baissé en Europe 

 


 




 



Le Label Blond en stabilité


En 2010, l'activité de l'association Bretagne Blonde d'Aquitaine (ABBA) aura été stable, avec 2084 animaux labellisés contre 2086 l'année précédente. Le poids de ces animaux est en légère hausse, à 468 kg en moyenne à 46 mois, soit
+ 9 kg.  Le nombre d'adhérents est stable, avec 305 éleveurs livrant en moyenne 7 animaux, et le nombre de points de vente a baissé de 2, ce qui n'a pas empêché la grille de prix d'être légèrement revue en fin d'année : + 0,05 euro / kg pour toutes les catégories de 28 mois à 9 ans.
Enclenchée il y a 2 ans ½ suite à un désaccord – qui dure – avec l'association nationale, la création d'un nouveau label Blond, propre à la Bretagne, est toujours en cours. « Nous en sommes à l'étape de l'enquête publique, les choses suivent leurs cours », a indiqué Marcel Courtas, qui suit le dossier depuis la Chambre des métiers.
À noter enfin que dans un souci de mutualisation des ressources humaines, l'ABBA s'est rapprochée d'Agro Qualité Bretagne (veau bretanin…) et que son siège se situe donc désormais à Broons (22).
Tél. : 02 96 80 03 00



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Date de l'article : semaine du N° du 18 au 24 Mars 2011
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