
En Ille-et-vilaine, un accident du travail avec arrêt coûte en moyenne, toutes productions confondues, autour de 4 000 euros à la MSA. Pour l'employeur, c'est 3 à 5 fois plus, du fait de la perte de production, de compétences, de la détérioration de l'ambiance... L'arrêt dure en moyenne 35 à 40 jours. Outre ces pertes financières, le Code du travail prévoit des contrôles et sanctions en cas de non-respect des dispositions santé et sécurité au travail.
« Initier une démarche d’évaluation des risques, respecter les consignes de sécurité valorise l’image de l’entreprise et contribue à sa performance », a précisé Nicolas Le Houérou, chargé de mission emploi et formation FDSEA 35 et 56, lors d'une réunion sur ce thème, le 4 mars à Rennes.
Informer et former
Les employeurs ont notamment l'obligation d'informer les salariés aux risques et de les former à la sécurité. Depuis 2002, ils sont tenus légalement de mettre en place un document unique d'évaluation des risques pour la sécurité et la santé des travailleurs, et de le mettre à jour régulièrement. Pourtant, ce document n'est pas encore mis en place sur toutes les exploitations agricoles. « L'évaluation des risques est à faire en concertation avec tous les salariés. Ce n'est pas une fin en soi, ce qui est important ce sont les actions qu'elle va susciter », précisent Nicolas Jagut, conseiller en prévention MSA, et Odile Castel, médecin du travail MSA.
La démarche consiste d'abord à évaluer les risques. « Les facteurs de risques peuvent concerner l'individu (capacité, expérience...), les matériels et produits, l'environnement (circulation, ambiance...), l'organisation du travail (répartition, délais...), l'exploitation (choix techniques, économiques). » Des priorités sont ensuite définies en fonction de l'importance du risque (sa fréquence, sa gravité...). Des actions en découlent : équipements ou aménagements, consignes de travail, formation... « Par exemple un produit phyto très toxique peut parfois être remplacé par un autre, juste irritant. La stabilité des rails de chauffage dans une serre peut être vérifiée régulièrement. » Les risques devront ensuite être réévalués.
Accompagnement
Des dispositifs d'accompagnement technique (conseiller et médecin du travail MSA) et financier existent pour les agriculteurs. Le Contrat de prévention en est un, il faut par contre appartenir à un secteur d'activité qui s'est engagé dans cette action (maraîchage...). La MSA 35 teste également le dispositif Afsa (aide financière simplifiée agricole) jusqu'à juin 2011, correspondant à une aide de 3 000 euros. Les mesures ciblées concernent les risques TMS (troubles musculo-squelettiques), machines et chutes de hauteur. Des aides « conditions de travail » existent aussi, plafonnées à 2 000 euros. Agnès Cussonneau
Photo : Nicolas Jagut, conseiller en prévention MSA, et Odile Castel, médecin du travail MSA.
Améliorer les conditions de travail
Concernant la pénibilité, des actions sont déjà mises en place par la profession agricole. « La commission employeurs de la FDSEA siège à la CPHSCT », a rappelé Martine Milan qui y participe. Réunissant les représentants des employeurs et des salariés, cette instance paritaire peut promouvoir des solutions concrètes d'amélioration des conditions de travail. « En production porcine, nous avons travaillé sur la pénibilité liée au bruit et au nettoyage. Des solutions à coût modéré pour les employeurs ont été identifiées : une buse spéciale permettant de réduire le temps de lavage et les vibrations, des bouchons adaptés à la forme de l'oreille, efficaces pendant deux-trois ans. » Cette concertation sur la pénibilité va être étendue à tous les métiers.