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Finistère (29)
Abattoir du Faou / La vente directe dope l’activité
 

Sur la vingtaine d’abattoirs publics que comptait jadis le Finistère, seuls trois subsistent : Lesneven, Pont-Croix et Le Faou. Quimper a quitté le giron public en 2009.
Aujourd’hui, l’abattoir du Faou, géré par un syndicat intercommunal de six communes, occupe donc le premier rang départemental dans sa catégorie avec 1 937 tonnes équivalent carcasse traitées en 2010. Loin devant Lesneven (400 tonnes) et Pont-Croix (200 tonnes). Une situation qui tient au moins à deux facteurs concomitants : la situation géographique très centrale de l’outil et sa gestion particulière au travers d’un partenariat public/privé.


Des apporteurs divisés en quatre quarts


En effet, depuis 1991, la SARL Lucien Corre bénéficie d’une délégation de service public par contrat d’affermage. Autrement dit, cette société privée gère la boutique. Cette formule facilite une adaptation permanente à l’évolution de la demande. « Aujourd’hui, on peut partager les apporteurs en quatre quarts », explique Frédéric Corre, associé avec son père, Lucien, et son frère, Nicolas. Et de détailler : « ¼ de l’approvisionnement est assuré par les bouchers ; ¼ par les éleveurs bio ; ¼ par les agriculteurs dans le cadre de l’autoconsommation ; ¼ par la vente directe, secteur qui connaît une bonne progression. »
Cet abattoir multi-espèces traite 836 tonnes de gros bovins (2 200 animaux), 238 tonnes de veaux, 157 tonnes d’ovins ( 8 000 animaux) et 700 tonnes de porc. « Nous passons 200 porcs par semaine », indique F. Corre. Et de préciser que l’outil est équipé pour l’abattage rituel (Aïd-el-Kebir en ovins). « Nous assurons également l’abattage d’urgence, y compris le week-end. » Opération que ne pratiquent plus les abattoirs privés hors des horaires d’ouverture.


La croissance de l’activité


(+ 100 tonnes/an ces deux dernières années) et la « mission publique » que l’abattoir rend à des centaines de Finistériens répartis sur tout le territoire conduit René Hénaff, président du syndicat intercommunal d’abattage de la région du Faou, à prendre son bâton de pèlerin pour moderniser l’outil. « Une première rénovation dans le cadre de la mise aux normes a eu lieu en 1997. Une nouvelle installation frigorifique a été mise en route en 2008. Aujourd’hui, de nouvelles mises aux normes au niveau du sol et des murs imposent d’investir. »


Projet de construction


Pour le cabinet d’audit Adiv, de Clermont-Ferrand, la solution la plus pérenne passerait par la construction d’un nouvel abattoir. Coût estimé : 4,140 millions d’euros. Un montant que ne pourrait pas supporter un privé. « Il faudrait traiter au minimum 5 000 tonnes par an pour digérer un tel investissement », observe Frédéric Corre.
L’idée est donc de faire appel aux collectivités. « L’abattoir, actuellement en équilibre financier, est en mesure rembourser un emprunt de 1,2 million d’euros au travers de la redevance d’usage qui sera portée à 60 €/tonne (51 € actuellement). Les porteurs de projets comptent sur 1,5 million de subventions publiques (la Région, le Conseil général, le Feader sont sollicités) et sur un soutien des communautés de communes.
« Les usagers proviennent de l’ensemble des communes du département. L’idée serait de trouver une clé de répartition équitable », imagine R. Hénaff en quête de 1,5 million d’euros. « Derrière ce projet, il y a toutes les notions de développement durable, de produits locaux, de tourisme, de paysage », insiste le président du syndicat, faisant valoir que ces arguments sont très en vogue sur le champ politique actuel.
« Dans certains départements, les producteurs sont dépourvus d’outils de proximité comme celui du Faou. Ils sont parfois contraints de faire plus de 100 km pour abattre leurs animaux. Ce qui en dissuade plus d’un », argumente encore René Hénaff. « Après, c’est un choix pour dynamiser ou non la vie des territoires. » Didier Le Du


Photo : Frédéric Corre, associé de la SARL du même nom (à gauche), et René Hénaff, président du syndicat intercommunal d’abattage.


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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Mars 2011
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