
Quand on ne parle pas des sujets qui fâchent, il n’y a aucune raison de se disputer. Pierre Bihan-Poudec, président de la Sica s’est abstenu d’évoquer explicitement devant le ministre, le refus d’une généralisation de la contractualisation pour le secteur légumier (voir PB du 4 au 11 mars). Le ministre de l’Agri-
culture, Bruno Le Maire n’a donc pas eu à défendre ce qu’il considère pourtant être le passage obligé de la relation entre producteurs et leurs partenaires au sein de toutes les filières.
Ministre prudent
La tâche de Bruno Le Maire au 50e anniversaire de la Sica de Saint Pol-de-Léon a de fait été simplifiée. Beaucoup de congratulations à l’égard des responsables pour leurs 50 années de travail dans l’organisation de la filière légumière bretonne, « la Sica est un modèle. » Et surtout un inventaire de « l’engagement » de l’Etat aux côtés de l’agriculture française. Il cite la réduction des coûts de production (abaissement des charges sur la main-d’œuvre occasionnelle, transport avec le décret 44 tonnes), l’encouragement pour la production d’énergies (tarifs revus de la méthanisation),
l’investissement permanent dans la recherche et l’innovation.
Un ministre beaucoup moins loquace sur les moyens que l’Etat pourrait mettre afin d’accompagner les projets concrets de la Sica ; qu’il dit pourtant « soutenir à 1000%. » Il s’est par ailleurs contenté du strict minimum sur l’organisation des producteurs. En annonçant seulement son souhait « d’un bilan d’efficacité des OP ! » Peut-être la reconnaissance que certaines n’auraient d’organisation de producteurs que de nom.
Une ligne claire
Pourtant, le président de la Sica n’a pas manié la langue bois. Un rappel clair des fondamentaux de l’organisation légumière : concentration de l’offre, le respect des acteurs (producteurs et expéditeurs) et des engagements, les garanties d’équité de paiement et entre producteurs ainsi que la gestion des marchés. Son regret, « que l’organisation bretonne n’a pas fait école dans d’autres régions. » Il invite le ministre à « utiliser la politique de la carotte et du bâton. » Trois priorités à ce niveau : « préserver l’extension des règles, rendre le transfert de propriété obligatoire entre le producteur et son OP (organisation de producteurs), encourager les producteurs organisés. » Tout ceci sans opposer gestion territoriale et gestion des produits.
Fidèle à son histoire, la Sica ne se contente pas de faire dans la philosophie, elle a aussi des projets. Pierre Bihan-Poudec les a résumés autour de 4 axes : le renforcement et l’élargissement de l’organisation économique dans toutes les filières ; la poursuite du désenclavement de la Bretagne tous azimuts (voies maritimes, rail-route et route par une augmentation des volumes transportés) ; la création de deux nouvelles plateformes de conditionnement des légumes ; l’amélioration du revenu des agriculteurs par une meilleure coordination dans la filière. Autant de projets qui attestent du dynamisme de la filière légumière bretonne. « Nous attendons un accompa-
gnement significatif des pouvoirs publics » a conclu le président. Pierre Dénès
Photo : 2000 invités, adhérents et anciens adhérents pour ce 50e anniversaire de la Sica de Saint-Pol-de-Léon
Quelques chiffres 2010
Choux-fleurs : 79 millions de têtes.
Artichauts (Camus + Castel) : 2 millions de colis
Petit Violet : 24 millions de têtes.
Brocoli : 6,261 tonnes.
Pomme de terre primeur : 6031 tonnes
Tomates : 26500 tonnes
Echalote : 32 000 tonnes
Ail : 7,81 tonnes
Oignon : 2550 tonnes
Courgettes : 2294 tonnes
Chou pomme : 2,9 millions de têtes
Carotte : 4334 tonnes
Endives : 7911 tonnes
Légumes bio : 2224 tonnes