
À son installation en 2006 avec ses parents, Erwan Le Cras avait déjà la volonté de faire évoluer le système de production, en bio depuis 1999. Le maïs, en culture biologique, pose plusieurs problèmes : coût, suivi de la culture, équilibre de la ration. « Le séchage de l’herbe en grange permet de valoriser un système herbager. Les stocks couvrent les besoins en hiver, notamment en protéines. » Les associés apprécient les conditions de travail. « C’est agréable de travailler en été, » insiste Morgan, installé avec son frère et son père, en 2010.
Quatre coupes
Les fauches, (quatre au total, en moyenne), démarrent vers le 20 mai et cessent au 20 octobre. « La coupe est effectuée le matin. Un premier fanage énergique suit, dans les 2 heures, pour bien disperser les paquets. Un second fanage peut être réalisé en fin d’après-midi », indique Erwan. L’herbe est ramassée le lendemain, à 50-60% de matière sèche. La faneuse, l’andaineur et l’autochargeuse (63 m3) sont en propriété. Les 3 cellules de séchage ont une capacité totale de 260 tonnes de foin. « Nous pouvons récolter l’équivalent d’une douzaine d’hectares en première fauche, si nécessaire. » Au total, 30 à 40 hectares d’herbe sont séchés en grange. Le nombre de cellules permet de gérer les fauches. L’air insufflé sous le foin par deux ventilateurs est pompé dans les pignons du hangar. Il passe sous la toiture (double toit) où
il gagne en moyenne 6°C (par rapport à l’air extérieur) et perd de son hygrométrie. « La première semaine, les ventilateurs fonctionnent en permanence. La deuxième semaine, en permanence en journée et en fractionnement la nuit (gestion électronique). Ensuite, selon la météo. » L’observation de l’herbe, dans les cellules, est alors cruciale.
Association gagnante
Les parcelles exclusivement dévolues à la fauche sont ensemencées en dactyle-luzerne ou en dactyle-trèfle violet. « La luzerne est réservée aux terres les plus sèches. C’est la meilleure plante pour le séchage. » D’autres associations donnent satisfaction en fauche : RGA-fétuque-trèfle blanc- trèfle violet ; et surtout : fétuque-lotier-RGA-trèfle blanc. Une bonne formule, selon les associés : productive et facile à sécher, au contraire du RGI, abandonné, car difficile à sécher. Les parcelles destinées au pâturage sont en RGA-trèfle blanc pour les vaches ou fétuque-trèfle violet, pour les génisses.
Le nombre de coupes est élevé. Le foin est peu fibreux. « La ration manque de fibres et d’énergie. Nous réfléchissons à l’apport d’ensilage de méteil ou de foin d’avoine pour l’apport de fibres. » Pour l’énergie, 4 à 5 kilos de matière sèche de maïs fourrage complètent la ration à base de foin. « Nous avons opté pour l’ensilage (au lieu du grain) pour des raisons de facilité. A l’avenir, nous ensilerons probablement les épis de maïs. » Les laitières, holsteins et montbéliardes, produisent, en moyenne, 6 000 litres par lactation, à 39 de TB et 33 de TP. « L’objectif est d’atteindre 6 500 à 7 000 litres par vache. »
Autoconstruction
Pour le bâtiment et l’équipement de séchage et de distribution, l’investissement atteint 170 000 €. Il faut ajouter le matériel de récolte de l’herbe. « Nous avons monté les cellules nous-mêmes. » L’investissement a été subventionné à hauteur de 40 000 €. Le coût de fonctionnement (électricité) est estimé à 2 000 € par an. Les économies de fioul, la baisse des frais vétérinaires et du coût alimentaire permettent de rentabiliser l’équipement. Bernard Laurent
L’exploitation en bref
550 000 litres de quota
3 UTH
Adhésion à une Cuma
intégrale (fauches, travail
du sol, épandages)
121 hectares
20 ha prairies permanentes
95 ha de prairies
temporaires
2,5 ha de céréales
3,5 ha de maïs
Légende photo : L’InterGVA proposait une visite de l’exploitation d’Erwan, de François et de Morgan Le Cras, jeudi 3 mars.