
Concentré à coût très modéré (environ 4 centimes d'euro/UF), la betterave fourragère refait parler d'elle. Il faut dire que des progrès techniques ont été faits sur l'implantation, la conduite de culture et l'arrachage. Lors d'une démonstration le 2 mars à Nouvoitou (35), l'ADBFM (Association pour le développement de la betterave fourragère
monogerme) a souhaité faire un focus sur la reprise au silo et la distribution, qui peuvent poser question aux éleveurs. De nombreux matériels existent, spécifiques ou non aux betteraves, permettant ou non la distribution des autres aliments en même temps.
Quatre d'entre eux étaient présentés (godets et désileuse), permettant tous de charger les betteraves directement au tas. Pour préserver le matériel de distribution et la santé des animaux, limiter la présence de terre et de cailloux est important. Les techniciens proposent dans ce sens de réaliser le chantier de récolte en conditions sèches, de stocker les betteraves sur une surface plane et propre et de les nettoyer si nécessaire avant distribution.
Lavage à l'eau
C'est carrément un lavage à l'eau qui est possible avec le godet Betta de la société Magsi (de 6 800 euros pour 500 kg de betteraves à 8 000 euros pour 1 000 kg). A l'intérieur du godet, des barres permettent le malaxage et le lavage des betteraves. Dans le fond, la claire-voie laisse passer l'eau, la terre et les petits cailloux. Une vanne fait accéder les betteraves à la vis pour être tranchées. Différents kits de couteaux existent. Le matériel est préservé de la casse grâce à un système d'arrêt lors de l'entrée de gros cailloux dans la vis. La trappe à gauche ou à droite permet la distribution en auge. Le godet est adaptable sur chargeur, 3 points, téléscopique et valet de ferme.
Les pierres libérées
Montée sur le 3 points du tracteur ou sur téléscopique, la benne HB du fabricant belge Robert charge, selon le modèle, 1 000 kg ou 1 500 kg avec sa caisse basculante hydraulique (respectivement 5 300 et 6 300 euros). Le déterrage se fait grâce à un tapis à barrettes qui brasse les produits (betteraves, mais aussi pomme de terre, carottes...). La terre tombe sur un fond à claire-voie puis est acheminée vers un bac récolteur. Sur ce matériel, un rotor à pointes effectue le concassage. « Une tôle sur charnière fait office de contre-couteau retenu par des ressorts. Ce système permet de libérer des pierres de la taille d'un poing », précise le constructeur.
La société anglaise K W Farm Services commercialise une benne de distribution (6 500 euros pour 1,5 tonne) avec un système sans couteaux : les betteraves sont broyées par deux rouleaux qui laissent passer les pierres. Un ressort permet de réguler la taille des morceaux.
Polyvalence
Autre mode de distribution présenté : la désileuse pailleuse recycleuse distributrice Kuhn (Athenor 6070), d'une capacité de 6,5 m3 et équipée d'un système de pesée. Tous les produits sont chargés par le bras-croc, passent dans les démêleurs, puis dans la turbine. Ils peuvent être mélangés par recyclage ou distribués directement. Ce matériel polyvalent présente un coût logiquement plus élevé (à partir de 31 000 euros) et demande une puissance de 80 – 90 CV.
Agnès Cussonneau
Entières ou hâchées ?
Faut-il distribuer les betteraves entières ou découpées ? « Quand elles sont apportées seules, il est préférable de les laisser entières (à condition qu'elles ne roulent pas) ou en gros morceaux. Distribuées en même temps que l'ensilage de maïs par exemple, à des vaches laitières, les betteraves devront plutôt être hachées pour être homogènes dans la ration », précisent les techniciens de l'ADBFM.
S'agissant des butyriques, la présence de terre sur les betteraves n'a pas d'incidence, car elles ne sont pas fermentées lors de la conservation. Par contre, lorsqu'elles sont distribuées à l'auge avec d'autres aliments, la présence de terre peut jouer sur le développement des bactéries. « Il convient donc de nettoyer l'auge régulièrement. »
Légende photo : La benne de la société Robert permet un déterrage grâce à un tapis à barrettes qui brasse les betteraves. La terre tombe sur un fond à claire-voie puis est acheminée vers un bac récolteur.