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Les poules pondeuses redonnent confiance aux stagiaires
 

Dans quelques jours, les stagiaires du Centre de Post-cure et de Réadaptation de Billiers (56) vont bénéficier de deux bâtiments neufs abritant chacun 6 000 poules pondeuses. Ils remplaceront avantageusement l'ancien poulailler de 4 400 pondeuses en cages de 1961.


Atteindre une taille suffisante


« Avec les normes bien-être qui vont s'appliquer aux élevages
de pondeuses en cages au 1er janvier 2012, nous avions 2 choix possibles : soit disparaître, soit construire un élevage d'une taille suffisante pour intéresser un fournisseur », explique Serge Sourdril, responsable du secteur agricole au Centre. Il fallait aussi rester dans la finalité de réadaptation des stagiaires au travail.
Le Centre de Billiers reçoit des stagiaires souffrant de pathologies mentales stabilisées, qui sortent d'un séjour à l'hôpital (voir encadré). L'aviculture est la première étape du parcours agricole. Tous les stagiaires y passent pour une semaine de découverte, avant de choisir définitivement un atelier.


Le contact des animaux


« Cette étape est généralement très valorisante », estime Serge Sourdril. Les tâches sont simples et faciles à comprendre. Les stagiaires sont rapidement opérationnels. « Ils n'ont pas d'appréhension dans leur rapport avec les poules pondeuses. Ils prennent même un réel plaisir à s'occuper des volailles. » D'autant plus que leur travail est valorisé par la vente directe des œufs et des poulets, dans les commerces locaux et sur le marché de Muzillac.
« Pour toutes ces raisons, il était essentiel de conserver l'aviculture au Centre », résume le Dr Eric Basely, directeur medical. Les stagiaires participent à l'élaboration du produit, de A à Z, y compris l'abattage en volaille de chair. « Ils sont capables de faire des gestes techniques au bout de 2 mois avec une progression bien visible. C'est la première fois qu'ils peuvent être identifiés comme techniciens. »


Le choix de la poule au sol


La vente directe a influencé le choix du type de bâtiment. « On ne voulait pas remettre les poules en cage », déclare Serge Sourdril. Poules au sol ou en plein air ? « Nous n'avions pas les 4 m2 de parcours extérieur nécessaires par poule, pour le plein air, car nous voulions rester dans l'enceinte du Centre. »
Le choix des poules au sol s'est donc imposé, avec l'appui de Nutréa. « Nous avons construit 2 bâtiments de 850 m2 chacun, pour avoir 2 bandes de poules en démarrage décalé et ainsi proposer des œufs toute l'année. » Le pondoir Big Dutchman occupe le centre du poulailler. De chaque côté, une partie surélevée sur caillebotis (⅔ de la surface) puis un gisoir sur béton. Les déjections s'accumuleront sous les caillebotis, sur la durée de la bande.


Bien-être des pondeuses et des stagiaires


« La lumière du jour entrera par les trappes vitrées, d'où les bonnes conditions pour les poules et le travail des stagiaires », confie Roland Burban, moniteur technique et ancien éleveur. « Compte-tenu du nombre de stagiaires, le centre de conditionnement est surdimensionné avec un couloir, le long des bâtiments. »
Deux moniteurs techniques assureront l'encadrement des stagiaires. « Dans les deux ateliers, nous accueillerons en moyenne 12 stagiaires en 2 équipes », poursuit R. Burban. En ponte, ils assureront le conditionnement des œufs, l'entretien des bâtiments, le suivi des animaux et en chair, la fabrication et la distribution de l'aliment ainsi que l'abattage. Tous participeront à la vente directe des produits. Patrick Bégos



Retrouver des habitudes de travail
 « Le Centre de Billiers accueille des adultes qui ont des troubles psychiques au long cours mais stabilisés, après un parcours hospitalier », explique le Dr Eric Basely, directeur medical. « Ils ont perdu leur autonomie sociale et professionnelle, ou ne l'ont jamais eu, la moyenne d'âge est de 26 ans. Ils ont souvent tout à apprendre car ils n'ont pas eu d'expérience professionnelle. » 
 Ces adultes ont des problèmes de transposition des acquis, de mise en pratique et aussi de contact avec les tiers. « Nos ateliers ont pour but de les raccrocher à la réalité concrète, après leur parcours hospitalier, en étant le plus pragmatique possible. »
 Le Centre est composé de 4 secteurs : le secteur ateliers (mécanique, menuiserie, peinture, bureautique), l'hôtellerie-blanchisserie-restauration, l'horticulture-maraîchage, et le secteur agricole. L'exploitation est composée de 20 vaches laitières, 30 allaitantes et des deux ateliers avicoles
(chair et ponte).




Légende photo : De gauche à droite Serge Sourdril, responsable  agricole et Roland Burban, moniteur technique, dans l'un des poulaillers. 

 



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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Mars 2011
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