
Christophe Perrot, responsable d’une l’étude de l’Institut de l’Élevage explique ainsi l’effet Pac 1992 : 37% des éleveurs laitiers avaient moins de 40 ans en 2000. Cependant, entre 1997 et 2001, ces aides n’existant plus, le nombre d’installations a été divisé par trois. La génération suivante est donc beaucoup moins importante. Entre 2000 et 2007, le déficit d’installés de moins de 40 ans est d’environ 7 500. « Ce qui a créé un “trou” démographique qui avance. Ce n’est pas possible à rattraper », estime Christophe Perrot.
50% a plus de 50 ans
On assiste à un vieillissement de la population des éleveurs laitiers, 50% des chefs d’exploitation auront plus de 50 ans en 2014. Ceux qui se sont installés à la fin des années 90 partiront majoritairement à la retraite entre 2015 et 2020, selon l’Institut de l’élevage. Or ces départs correspondent à l’époque de la fin des quotas. « Mais trouveront-ils des repreneurs ? L’incertitude politique, avec la fin des quotas, s’ajoutera à l’incertitude économique (augmentation des charges, prix du lait…) », s’interroge Christophe Perrot. « D’autre part, pour être crédible auprès des banques, l’installation demande un capital de départ de plus en plus important. Enfin, le découplage des aides pourrait pousser à d’autres choix, offrant une meilleure rentabilité », poursuit Christophe Perrot. Aussi, le chiffre de 30 000 fermes laitières est envisagé dans le haut de la fourchette de l’estimation et ne serait atteint, selon lui, qu’avec une politique volontariste en faveur de l’installation (contre 100 000 exploitations aujourd’hui). Dans tous les cas, si l’on veut maintenir la collecte nationale, les fermes devront augmenter leur production. La moyenne de production devra être au moins de 900 000 litres par an (1,5 million de litres dans les plaines). Ce qui obligera à revoir l’organisation du secteur..
Elevage allaitant : des problèmes plus cruciaux encore
Dans le domaine de l’élevage allaitant (61 000 exploitations actuellement dont 20% seulement seront détenues par des chefs âgés de moins de 40 ans en 2014), les problèmes sont plus cruciaux encore, selon l’institut. L’installation demande également un capital important mais la rentabilité est encore plus faible qu’en élevage laitier. Le phénomène s’aggrave d’année en année. Selon l’étude, en zone de montagne, la valeur ajoutée est nulle pour 35% des exploitations. Les éleveurs vivent grâce aux subventions. « Sans les aides, il n’y a pas d’intérêt à produire», résume Christophe Perrot.
Légende photo : Compte tenu de la démographie, pour maintenir la production nationale, l’agrandissement des troupeaux sera inéluctable.