
Suite à l'enquête du réseau de la FDSEA qui visait à répondre à la question "d'où viennent les produits que mangent nos enfants à la cantine ?", la table ronde organisée le 24 février devait traiter de l'approvisionnement des cantines scolaires et introduire les travaux des prochains mois qui s'intéresseront aux provenances d'une manière plus générale. Bien que des progrès émergent, la généralisation des filières courtes entre production et restauration hors foyer est loin d'être acquise. « "Nos enfants mangent-ils suffisam-ment à la cantine ?", est la première question que se posent les parents », rapporte Frédéric Pottier, représentant des parents d'élèves. Viennent ensuite les demandes de qualité et d'équilibre des repas. Pour qu'ils s'intéressent plus à la proximité des approvisionnements, il faudra que les adultes y soient éduqués, et « cela passe par de la communication positive ». Nicolas Chesnin, président de JA 56 le rejoignait un peu plus tôt, « il faut communiquer positivement vers les citoyens car c'est grâce à eux qu'on s'en sortira. Pour cela, il faut transformer les normes qu'on nous impose en atouts. » Pour Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère et invité pour l'occasion, si la profession demande aux consommateurs de s'approvisionner localement, « de notre côté, nous devons obliger nos structures coopératives
à afficher l'origine des produits. » C'est donc un vaste dossier auquel s'attaque la FDSEA 56. Laurent Kerlir, son président, insiste, « c'est notre rôle de travailler sur ce sujet et de faire en sorte que la grande distribution demande aussi l'indication de provenance. »
Se placer en position de force pour négocier
En production laitière, l'avenir c'est 2015 et la fin des quotas. Le syndicat milite « pour la mise en place d'outils de régulation pour éviter la catastrophe le jour où le marché sera tendu ». Mais les responsables ne perdent pas de vue que pour négocier l'instauration de tels outils avec nos partenaires européens, « il faudrait déjà que la France produise son quota ». C'est pourquoi la FDSEA soutient les producteurs laitiers qui souhaitent et peuvent produire plus que leur référence historique, dans la mesure où le pays est en sous-réalisation notable.
Construire et accompagner
Sur ce sujet, Laurent Kerlir ne ferme pas la porte
aux autres mouvements syndicaux, « nous n'admettons pas les attaques personnelles et les actes de destruction, mais dans l'intérêt de la filière, il faut éviter la guerre des tranchées. Face à la volatilité et la dérégulation, notre rôle est de trouver des solutions et les partager. C'est dans cet objectif que nous avons commencé à discuter avec les autres syndicats, nous souhaitons que ces échanges se poursuivent », indique-t-il. Et après avoir rappelé le « 2 poids, 2 mesures » entre l'attention portée à l'étude des dossiers de restructuration des élevages et la facilité avec laquelle sera acceptée un dossier pour une station d'épuration, « qui représente l'équivalent d'une station pour 15 000 porcs charcutiers », le représentant agricole conclue la matinée avec le dossier laitier. « Nous voulions que la mise en place des organisations de producteurs soit un préalable à la contractualisation… dont acte. Au risque que d'autres nous attribuent la paternité de la contractualisation, Nous animerons des réunions d'information sur le sujet pendant la seconde quinzaine de mars. Nous y présenterons les contrats types qui devront être proposés et expliquerons les enjeux du regroupement des producteurs. » Il entend ainsi, « ne pas faire que critiquer. Car jamais la FDSEA ne laissera les agriculteurs seuls et démunis. »
Ronan Lombard
Photo : Le lycée de la Touche à Ploërmel a accueilli l'assemblée générale de la FDSEA 56, le 24 février.
Campagne FNE
La toute récente campagne de communication de France nature environnement aura aussi suscité beaucoup d'émotions, "les producteurs de porcs sont en crise financière, mais la plus dure à avaler, c'est celle du dénigrement", lance un éleveur. Thierry Merret, tout justement arrivé de Paris précise que les affiches n'ont pas été collées, "nous sommes intervenus auprès de la région et il faut bien dire que les élus ont défendu les intérêts de leurs administrés". Dans son discours de clôture, Laurent Kerlir revient aussi sur le sujet et demande des comptes, "nous avons interpellé le Premier ministre pour qu'il affirme sa position et clarifie les relations entre le ministère de l'Environnement et FNE. Eau et Rivières de Bretagne a dit ne pas être informé de la campagne, mais nous ne sommes pas dupes". Pour lui, "les agriculteurs ont été trahis", mais cela ne remettra pas tout en cause, "nous serons capable de surmonter notre amertume pour respecter notre politique de dialogue et de construction".