
Le 23 Septembre, la Confédération paysanne du Morbihan profitait de son assemblée générale à Augan pour revenir sur son actualité. Pour favoriser l'émergence d'idées et mieux assumer les responsabilités liées à l'activité du syndicat, l'équipe dirigeante a été renforcée. et compte désormais 14 membres.
Pour le bureau, l'accueil de Via Campesina sera le temps fort de ce début d'année. Le 16 mars, une soirée débat ouverte au public se tiendra en présence de 3 producteurs du Sud, de Jean-Yves Le Drian et de René Louail. La délégation des producteurs étrangers sera ensuite invitée à visiter des fermes de la région, « représentatives de l'agriculture que nous défendons », précise Dominique Raulo, représentant de la Bretagne au comité national de la Confédération Paysanne. Et pour parler de l'agriculture qu'ils défendent, les responsables départementaux avaient convié Mathieu Bostyn de la coopérative d'Augan, Le champ commun, et Thierry Thomas, porte-parole de la Confédération Paysanne des Côtes d'Armor afin d'échanger sur le thème des résistances en milieu rural.
L'entreprise a une dimension sociale essentielle
« Il y a des résistances subies. Il y a aussi des idées positives qui émanent face aux pressions que nous subissons », explique Jean-François Guillemaud, porte-parole de la Confédération Paysanne du Morbihan, en introduction de la présentation de la coopérative Le champ commun. Mathieu Bostyn, salarié associé et gérant, poursuit, « nous avons choisi ce nom pour indiquer le contraste de la démarche avec la théorie actuelle qui pousse à la propriété individuelle et à la compétition. Nous expérimentons un système où l'entreprise à but lucratif est au service de la communauté dans laquelle elle est implantée. » Le champ commun a fêté ses un an d'existence en décembre 2010, « nous avons encore peu de recul », mais les 90 associés ont mis en place un outil qui donne pour l'instant des résultats satisfaisants, « pour la première année, les prévisionnels ont été dépassés », et des projets animent l'expérimentation, « nous envisageons de créer une micro brasserie et une conserverie dans le cadre de la coopérative », précise Mathieu Bostyn. Car la première mission que les créateurs se sont fixée est sociale, avec la création d'emplois locaux et le maintien des commerces et services de proximité.
Sans résistance point de salut
L'expérience devra montrer si oui ou non, la rentabilité économique et cette fonction sociale sont deux aspirations compatibles.
Thierry Thomas est quant à lui revenu sur l'histoire de son entreprise, avec un atelier porcin (naisseur engraisseur) et 45 ha de terres. « Nous avons connu beaucoup de crises. Nous avons aussi connu une période où tous les jours un vendeur ou un représentant passait sur la ferme pour nous dire qu'il fallait augmenter la taille de l'élevage. Nous avons fait le choix de ne pas céder et de rester à une taille qui nous permette de faire autre chose à côté. Aujourd'hui, c'est une satisfaction de pouvoir montrer que l'agrandissement n'est pas la seule voie de salut. Avec nos 84 truies, nous sommes encore là. Des voisins qui en avaient plus de 200 ont arrêté car leur activité ne correspondait plus à ce qu'ils souhaitaient. »
Ronan Lombard
Photo : De droite à gauche, Jean-François Guillemaud, porte-parole de la Confédération Paysanne 56 et Dominique Raulo, représentant de la Bretagne au comité national de la Confédération, avaient invité Thierry Thomas, éleveur de porcs dans les Côtes d'Armor et Mathieu Bostyn, gérant de la coopérative Le champ libre, à venir partager leur expérience.
« Le champ commun », à Augan
Les 90 associés de la coopérative (dont 7 associés salariés) concentrent leurs énergies autour d'un lieu au centre bourg d'Augan où sont installés l'épicerie et le bar. Les 7 salariés, tous habitants d'Augan, occupent 4 équivalents temps plein. L'épicerie propose environ 2 000 références, majoritairement des produits du commerce conventionnel, mais aussi plusieurs centaines de produits bio, équitables ou locaux. Le bar fonctionne avec une activité quotidienne mais vit surtout grâce aux évènements culturels programmés le week end.