En plus de 20 ans d'existence, AgroBio 35 a ajouté à ses activités purement techniques du départ, les problématiques de première mise en marché et des circuits de proximité. En assemblée générale le 17 février à Rennes, le groupement des agriculteurs bio d'Ille-et-Vilaine a affiché un rapport d'activités dense pour 2010 et des projets nombreux sur l'année en cours.
Le président Jean-Paul Gabillard a souligné l'importance pour la bio d'être représentée dans les instances officielles de l'agriculture. "Les producteurs doivent en particulier être présents dans les structures s'occupant de la qualité de l'eau : Sage (schéma d'aménagement et de gestion des eaux), bassins versants...".
Conserver un prix rémunérateur
Satisfaits, mais aussi inquiets de la croissance des volumes bio, Agrobio 35 travaille sur l'accompagnement des filières et le développement des marchés. Le lait en particulier affiche une progression de volumes jamais atteinte : +63% en France. La commission lait travaille avec la Frab Bretagne et aux niveaux grand Ouest et national, pour conserver un prix rémunérateur en gérant les nouveaux volumes.
S'agissant de la mise en place de la contractualisation, deux associations de producteurs laitiers bio se sont mis en place en Ille-et-Vilaine : bassins de collecte de Lactalis-Vitré et de Triballat-Noyal. "En quelques mois, la majeure partie des producteurs ont adhéré", précise Christian Guilard, responsable lait.
En 2011, AgroBio 35 va continuer à lutter contre la culture d'OGM en France et leur utilisation dans l'alimentation animale. Les producteurs défendent aussi le local, dans une recherche d'autonomie des fermes comme dans la commercialisation des produits. "L'objectif d'avoir 30% du chiffre d'affaires de la bio du département réalisé sur des circuits de proximité reste d'actualité". Développer la filière bio, du producteur aux consommateurs du département, est d'ailleurs un objectif majeur de la Maison de la bio 35 (Mab 35) née en octobre dernier. Elle rassemble cinq collèges : producteurs, transformateurs, distributeurs, consommateurs et élus. "C'est la seule Mab qui inclue des élus".
Agnès Cussonneau
Réactivité vis-à-vis de la sécheresse
Parmi les évènements majeurs de 2010, les bio évoquent les difficultés consécutives à la sécheresse et le travail d'alerte des pouvoirs publics mené dès le printemps. Les producteurs ont également participé à la mission calamité de la DDTM. S'agissant des pré-diagnostics bio réalisés chez des agriculteurs conventionnels, le nombre a chuté en 2010, passant à 48 (contre 125 en 2009). "Le message aux agriculteurs de la part des pouvoirs publics doit redevenir incitatif vis-à-vis de la bio", notent les responsables qui regrettent également la baisse des moyens affectés par le département pour le passage en bio.