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Sica de Saint-Pol-de-Léon / « Non à une généralisation de la contractualisation »
 

Après une année 2009 difficile dans de nombreuses productions, la Sica s'est refait une santé sur 2010 avec une progression de 9,5% de son chiffre d'affaires qui s'établit à 235 millions d'euros. A l'heure de la contractualisation souhaitée par l'Etat, l'organisation de producteurs (OP) défend donc sans sourciller son modèle de commercialisation, basé majoritairement sur le marché au cadran.
« C'est une illusion de croire que la contractualisation offrira aux producteurs une garantie de revenu, notamment en produits frais. Le rapport de force serait diminué en faveur de la grande distribution », affirment les responsables de la Sica. Un message qui sera répété au ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire devant participer ce samedi à l'assemblée générale de l'OP.


Certains produits contractualisés


Pour autant, les légumiers ne rejettent pas en bloc l'idée de la contractualisation qu'ils utilisent depuis les années 60. « Mais on ne peut pas la généraliser. C'est aux producteurs de décider si elle est opportune. En salade 4e gamme par exemple, elle est intéressante car c'est un produit transformé », ajoute Jean-François Jacob (secrétaire général de la Sica). En chou-fleur, une partie de la production partant à la transformation est également contractualisée avec des prix et des volumes (16 millions de têtes cette année). « Mais ce sont les producteurs qui décident du moment de livraison. »
Sur certains légumes comme le petit violet destiné à la transformation (bocaux), les légumiers ont fait les frais de la contractualisation : « Du jour au lendemain, le distributeur nous a lâché pour des artichauts du Pérou. » Depuis des années, c'est sur un échiquier mondial que joue la zone de production nord bretonne. « Concurrencer la tomate du Maroc, le shii-take de Chine, la rose du Kenya... nous se saurons pas faire. » C'est grâce à la qualité, l'homogénéité, la sécurité alimentaire, la présentation et la largeur de gamme que la Sica marque des points. « Nos produits doivent être valorisés, car plus coûteux à produire. »
Souhaitant renforcer leur organisation économique, les producteurs poursuivent les discussions interfilières (fruits et légumes, horticulture et produits de la mer) engagées avec d'autres bassins de productions de Belgique, d'Espagne et d'Allemagne, atour des marchés au cadran. La future structure, qui devrait être opérationnelle en 2011, représentera un interlocuteur de poids auprès de la Commission européenne et des GMS. « Nous souhaitons également mettre en place des outils de gestion des marchés (transformation, longue exportation...). »


Compétitivité logistique


D'un autre côté, la recherche de compétitivité n'est pas laissée de côté. Au-delà des exploitations, elle s'illustre par le passage de 20 à 4 stations d'expédition. Par ailleurs, 40 à 50% de la production est exportée. L'efficacité logistique va être renforcée par le développement du rail, au travers de Combiwest. Cette société va permettre de transporter des semi-remorques, des conteneurs, des caisses mobiles, via le réseau ferroviaire national.
L'usage des nouvelles technologies va également être renforcé avec l'utilisation de puces électroniques (RFID) sur toute la chaîne logistique, à l'horizon 2013. « Ces puces vont permettre une traçabilité au colis et à l'instant t. » De quoi répondre au mieux aux attentes futures de la distribution.
Agnès Cussonneau



Une meilleure année 2010

• Chou-fleur. La campagne 2009/10 s'est soldée par un chiffre d'affaires global en hausse de 17% (prix moyen de 0,56 euro/tête avec des volumes constants). Pour la saison en cours, après un mois de décembre porteur, la concurrence est présente en janvier et février. Les mois de mars et avril se présentent bien sachant qu'il n'y a pas de retard de production.
•Artichaut. Le mois d'avril froid et sec a entraîné un retard de production. Des pics d'apports ont provoqué des difficultés commerciales sur un marché qui reste national en globuleux. En petit violet, la demande italienne a permis d'écouler des volumes importants.
• Echalote. Après une saison 2009/10 catastrophique (0,11 euro/kg de prix moyen), la campagne actuelle offre une situation inverse avec un prix moyen de 0,65 euro.
• Tomate. Après plusieurs campagnes difficiles, 2010 a vu les prix moyens remonter (1,09 euro/kg en grappe et 0,94 en vrac), avec des rendements également bons. Une bouffée d'oxygène, alors que la hausse du prix de l'énergie inquiète les producteurs.




Légende photo : De gauche à droite : Olivier Sinquin (directeur de la Sica), Pierre Bihan-Poudec (président) et Jean-François Jacob (secrétaire général).

 



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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Mars 2011
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