
Après une période difficile d'une dizaine d'années, l'aviculture est entrée dans une démarche dynamique de rénovation", souligne Jean-Noël Sidaner, (Chambre d'Agriculture 22). Le parc de bâtiments a beaucoup vieilli. La porte ouverte organisée chez Pierrick Le Helloco à Allineuc a montré, dans un poulailler reconstruit à neuf suite à un sinistre, les dernières innovations en termes d'isolation, de ventilation dynamique, de chauffage par canons, de trappes, d'échangeurs de chaleur, de béton au sol… "Dans la plupart des élevages, le rebond des marges brutes ne permet pas encore de payer les annuités d'un bâtiment neuf et de dégager un revenu correct. Il faut s'appuyer sur la rentabilité de bâtiments existants pour assurer ce revenu".
Sensibilité aux stress thermiques
La rénovation reste le principal levier pour améliorer les performances. Avec la hausse du prix du gaz, la limitation des frais de chauffage est essentielle. Les poulets et dindes sont très sensibles aux stress thermiques froids durant les 5 premières semaines. L'isolation thermique permet de rendre les conditions d'ambiance intérieures moins dépendantes des conditions extérieures, en hiver, mais aussi en été (coup de chaleur).
Toutes les parois du bâtiment doivent être isolées, particulièrement le plafond et les soubassements. La toiture, qui représente 65 à 70 % des surfaces de parois, est prioritaire. Laine de verre minérale en rouleau, projetée en sous-toiture ou isolation en panneaux rigides, voire par injection de mousse de polyuréthane en sous-plafond : le choix sera fonction du rapport qualité-prix, en tenant compte du coefficient K d'isolation.
En périphérie du poulailler, l'isolation du soubassement permet d'éviter l'effet de parois froides. Les côtés pourront être isolés en panneaux sandwich constitués de 2 faces de 3 mm de fibrociment et de 60 mm de polystyrène expansé de classe 3. Le chauffage ne peut être efficace qu'avec une bonne étanchéité des ouvertures, notamment en démarrage. Le réglage des cablages de trappes, la pose de joints sur les ouvrants, le colmatage des entrées d'air parasites par de la mousse de polyuréthane sont des opérations peu coûteuses par rapport à leur efficacité (coût inférieur au prix d'une tonne de gaz pour un poulailler de 1 200 m2). La bonne gestion des eaux périphériques doit permettre d'éviter les remontées dans le bâtiment, avec les fermentations de litière. Une pluie de 10 mm, c'est 10 m3 d'eau au pied du poulailler.
La maîtrise du poste énergie passe d'abord par l'isolation et l'étanchéité. La mise en place d'échangeurs de chaleur ne peut venir qu'après cette étape. Les investissements liés aux économies d'énergie peuvent bénéficier d'aides de 40 % dans le cadre du PPE, pour un montant maximum de 40 000 euros d'investissement.
Patrick Bégos
Légende photo : Les trappes et les joints d'étanchéité assurent un rôle important dans l'isolation du bâtiment.