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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Volailles | Article n°11608 |
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Un nouveau bâtiment après incendie / De Louisiane en Colorado
 

Le 9 février 2010, un poulailler de Christelle et Jean-François Boudin prenait feu. Leur élevage, composé de 5 bâtiments sur 2 sites, a une surface de 4 600 m2  (+ 40 ha de cultures). "Nous aimons notre métier de producteur de volailles et nous voulons pérenniser notre outil. Il n'était pas envisageable de ne pas reconstruire ce bâtiment", confient Christelle et Jean-François.


Trois mois pour déconstruire


La déconstruction du poulailler a été laborieuse. "Il nous a fallu 3 mois pour trouver une entreprise agréée". Contrairement à un sinistre dû à la neige, le fibro-ciment devient friable, lors d'un incendie. "Seule une entreprise agréée pouvait gérer les déchets d'amiante et les éliminer". L'attente a été longue psychologiquement, car les éleveurs avaient sous les yeux la carcasse brûlée du poulailler. Le coût de la déconstruction se situe autour de 20 000 euros pour 1 200 m2.
Ce poulailler était de type Louisiane. Les éleveurs l'ont remplacé par un Colorado à ventilation dynamique transversale. "Equipé d'une installation de brume pour les lots d'été, le Colorado optimise les performances, en poulets, tout en permettant une polyvalence de production", précise Jean-Marc Le Trionnaire (Triskalia). Ce poulailler produira des poulets d'1,4 kg (enlèvement précoce) et 1,850 kg (standard).


S'adapter à la ventilation dynamique


L'éleveur a conservé les mêmes caractéristiques de surface et dimension (largeur de 12 m). L'aspect réglementaire s'est limité au dépôt du permis de construire, l'autorisation d'exploiter a été maintenue au même nombre d'animaux. La capacité réelle de ventilation dépasse 180 m3/h , avec des trappes Kan'air et une régulation Avitouch. "Ce boîtier facilite la lecture globale des paramètres de ventilation", explique le technicien. Il permettra par la suite le pilotage éventuel d'échangeurs de chaleur. "Jusqu'à présent, nous n'avions que des poulaillers à ventilation statique", précise Jean-François. "Nous avons prévu un groupe électrogène. Il va falloir s'adapter au changement et affiner progressivement les réglages de ventilation".   
Les anciens radiants ont été remplacés par 2 aérothermes intérieurs, comme dans les autres poulaillers. "Nous avons eu la même démarche d'uniformisation du matériel pour les chaînes d'alimentation (2 lignes de Multibeck)". L'abreuvement est assuré par 4 lignes de pipettes Plasson à récupérateur. Des néons classiques à haute fréquence ont été installés, les 20 lux sont garantis sur 80 % de la surface, conformément à la directive bien-être. "Nous n'avons pas donné priorité aux échangeurs, compte tenu du budget. Par contre, un autre poulailler sera équipé dans un avenir proche".


Un coût de 180 euros/m2


Sans terrassement, le coût global du poulailler avoisine 216 000 euros, soit 180 euros/m2. Avec terrassement, il atteindrait 200 euros/m2. Dans cette dernière hypothèse de 240 000 euros financés sur 12 ans à 4 %, l'annuité atteindrait 27 000 euros/an. "Pour faire face à cette annuité, il faudrait un EBE minimum de 23 euros/m2", précise Christian Delabrosse (Chambre d'Agriculture). "Un poulailler neuf financé à 100 % ne permet pas dans les conditions actuelles de dégager un revenu, à moins d'autofinancer une bonne partie de l'investissement".
Dans le cas présent, compte tenu de la prise en charge du sinistre, l'annuité sera moitié moindre (12 000 euros). L'amélioration de la marge (augmentation de 0,8 à 1 euro/m2 avec ventilation dynamique au lieu de statique) et l'économie sur le gaz (de 0,2 à 0,3 euro/m2 avec une meilleure isolation) se traduiront par une progression de marge brute de 7 à 8 euros/m2/an. Ces 8 000 à 9 000 euros supplémentaires par rapport à l'ancien poulailler rembourseront la majeure partie de l'annuité. Avec ces choix techniques, les éleveurs disposeront d'un bâtiment performant. La maîtrise de l'ambiance sera plus facile, avec un risque supplémentai-re : toute panne électrique nécessitera le démarrage immédiat du groupe électrogène… Un stress supplémentaire.
 
Patrick Bégos




Portes ouvertes le 4 mars

Christelle et Jean-François Bourdin ouvriront les portes de leur élevage le 4 mars à 14 heures, avec la collaboration de Triskalia et de la Chambre d'Agriculture. Cette porte ouverte s'inscrit dans la volonté de la filière de renouveler le parc de bâtiments bretons. Parcours fléché à partir de Caden.




Triskalia, une nouvelle organisation

Suite au regroupement de Cam 56, d'Eolys et de Coopagri Bretagne au sein de Triskalia, la nouvelle section avicole concerne 550 000 m2 avec 10 techniciens, 3 vétérinaires. Sa production se répartit ainsi : 27 % de poulets, 52 % de  dindes et 21 % de canards. L'un des objectifs sera d'aider les éleveurs dans la transmission de leurs outils. 




 


Légende photo : De gauche à droite : Christian Delabrosse (Chambre d'Agriculture), Christelle et Jean-François Bourdin, éleveurs et Jean-Marc Le Trionnaire (Triskalia).

 



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Date de l'article : semaine du N° du 25 Février au 3 Mars 2011
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