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Volatilité des prix dans les filières animales / Un besoin urgent d’amortisseurs
 

Cette flambée des prix des matières premières agricoles n'est pas sans rappeler celle survenue en 2007-2008", souligne Hervé Gaté, président du groupe de travail "Volatilité des prix et alimentation" à l'UGPVB. "Les Pouvoirs Publics avaient pris des engagements. Trois ans plus tard, nous revivons la même chose, sans qu'aucune conséquence n'ait été tirée de la précédente expérience". La nouvelle hausse des prix des matières premières de 2010 met en péril toute la filière production animale du Grand Ouest.


Crise grave


"Avec une hausse de 100 % du prix du blé, de 75 % pour le maïs et de 17 % le soja, nous avons dû augmenter le prix de l'aliment porc de 45 %", explique Hervé Vasseur, président de l'Afab. "Les fabricants d'aliment ont joué le rôle tampon, car la hausse calculée par l'IFIP serait bien plus importante". 
"Je n'ai jamais connu de crise aussi grave en 40 ans de travail", confie Guy Dartois, président de Cooperl Arc Atlantique. "Nous risquons, en 2011, de perdre 5 à 10 % des éleveurs, avec des dégâts collatéraux sur d'autres professions". Le même constat peut être fait dans la filière œuf où le coût de production a augmenté de 17,5 % entre 2009 et 2010.
"Globalement, au niveau mondial, l'enjeu est clair", résume Guy Dartois. La population devrait atteindre 9 milliards en 2050 contre 7 aujourd'hui. Selon la FAO, la consommation de viande atteindrait 370 millions de t. en 2030, contre 260 millions de t. en 2003. Parallèlement, les terres disponibles vont diminuer. L'Onu estime que 30 millions d'hectares de terre cultivable disparaissent chaque année sous l'effet de l'urbanisation, de l'industrialisation ou de la dégradation de l'environnement. "Produire plus sera obligatoire dans les années qui viennent".


Développer et réguler


Le groupe de travail réunissant l'UGPVB, l'AFAB et la FRSEA a identifié des mesures nécessaires pour redonner du souffle aux filières animales et se tourne vers les élus politiques. "La gestion des terres cultivables doit répondre à la demande alimentaire mondiale en croissance", estime François Valy, président de la section porc FRSEA. En Bretagne, le projet agricole (PAAR) prévoit un engagement de tous les partenaires intervenant dans la gestion du foncier pour réduire l'artificialisation des terres. "Développer la production agricole doit être un axe fort de la prochaine réforme de la Pac".
Les professionnels souhaitent une politique ambitieuse de régulation et de limitation de la hausse des prix des matières premières. "La Pac doit consacrer une part de son budget à la constitution d'un stock de régulation. Une partie des fonds européens doit être affectée aux filières les plus fragilisées, avec un levier pour compenser les baisses de revenus, jouant ainsi le rôle d'amortisseurs".


Encourager, soutenir


La substitution de matières premières coûteuses par d'autres produits agricoles, en modulant les droits de douane, permettrait l'importation de matières premières à prix compétitifs sur le marché européen. "La spéculation a amplifié la hausse", estime F. Valy. "Il est important de maîtriser l'accès des fonds d'investissement sur ces marchés. Leur présence est indispensable au bon fonctionnement, mais les fonds spéculatifs doivent être mieux encadrés". 
De nouvelles relations commerciales sont à imaginer pour une meilleure gestion et un partage du risque dans la filière, avec de nouveaux outils permettant de s'adapter à ce nouvel environnement économique. "Les filières agricoles doivent être encouragées dans leur cheminement vers une plus grande compétitivité", déclare G. Dartois. "Plusieurs dossiers portés par la filière vont dans ce sens (coût du travail, dossier OGM, fiscalité, logistique) sur lesquels nous demandons le soutien des pouvoirs publics".
Patrick Bégos




Légende photo : Hervé Vasseur (AFAB), François Valy (FRSEA), Guy Dartois (Cooperl), Hervé Gaté (groupe de travail UGPVB).

 



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Date de l'article : semaine du N° du 25 Février au 3 Mars 2011
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