
Lorsqu’un salarié ou un associé s’en va, ceux qui restent se posent la question du remplacement. Le robot de traite peut sembler alors une solution attractive. En effet, il est parfois compliqué de trouver un salarié compétent, motivé et qui s’intégrera facilement dans l’équipe. En outre, les responsabilités et obligations sociales pèsent aussi lourd dans la balance. Et pourtant, s’orienter vers un remplacement est la solution la plus simple pour assurer la continuité de l’entreprise. En termes de reprises ou d’agrandissement, c’est aussi la solution la plus souple. Il sera plus facile d’ajuster la main d’œuvre disponible par rapport à un robot qui, lui, arrivera à saturation. Le robot offre néanmoins une alternative séduisante. En finir avec l’astreinte de la traite, trouver une meilleure organisation, augmenter la productivité, autant d’objectifs atteignables avec un robot. Mais l’automatisation représente un investissement conséquent, qui doit être raisonné. L’éleveur doit en effet penser à toutes les adaptations nécessaires pour intégrer le nouvel outil : bâtiment, organisation du travail…
150 000 euros
Prenons l’exemple de M. Duchamp dont l’associé quitte l’exploitation. Il dispose de 420000 litres de lait avec un troupeau de 55 vaches et la suite. Côté économique, dans le cas d’un achat de robot de traite à 150 000 euros, amorti et financé sur 12 ans, l’éleveur choisit un financement par emprunt à 3,5 %. Il faut prévoir 30 000 € de travaux d’aménagement et d’installation du robot amortis et financés sur 15 ans à 3,5 %. Le surcoût d’entretien et de maintenance est, lui, estimé à 10 €/1000 litres. S’il choisit d’embaucher un salarié à temps complet, le coût sera d’environ 28 000 € par an pour 39 heures par semaine.
Avantage au robot
Après calcul, analyse, et comparaison entre l’investissement dans un robot de traite et l’embauche d’un salarié à temps plein (voir tableau), c’est le robot qui sort gagnant d’un point de vue économique. Cependant, il ne faut pas négliger l’aspect « organisation du travail » qui sera très différente selon l’option retenue. Le robot permet, en général, de gagner l’équivalent « temps » d’une traite, soit entre 10 et 15 heures par semaine, mais pas de deux. En comptant la maintenance, l’analyse des alertes, l’observation des animaux, le temps de la seconde traite est vite consommé... Le salarié à temps plein pourra, lui, participer à d’autres tâches sur l’exploitation et contribuer à l’amélioration de la gestion du travail, et éventuellement aux astreintes. En tout état de cause, cette décision stratégique mérite qu’on lui accorde du temps.
Emmanuel Etesse
Cogedis Fideor
Photo : Si l’investissement dans un robot pour automatiser la traite peut sembler attractif, l’éleveur doit néanmoins l’intégrer dans une stratégie globale et prévoir une réorganisation du travail au sein de l’exploitation.
Combien ça coûte un robot ?
•Capacité : 60 vaches pour un quota entre 400 et 500 000 litres selon la production par vache présente. Au-delà, l’installation d’une deuxième stalle est fortement recommandée afin d’assurer une bonne rotation des animaux sur la journée.
•Coût neuf : entre 120 000 à 150 000 euros environ.
•Coût d’occasion : entre 80 000 à 100 000 euros après remise en état.
La maintenance de l’outil, ainsi que les frais en énergie ou en consommables vont faire grimper la note de 8 à 10 euros par 1000 litres par rapport à une salle de traite classique. L’installation dans un bâtiment existant peut engendrer des coûts supplémentaires liés aux travaux d’aménagements nécessaires (faciliter le parcours des animaux par exemple, créer une zone d’attente) et des équipements annexes (Dal, vis à aliments…).