
Il y a encore une dizaine d’année, le producteur pouvait faire qu’il voulait, le marché absorbait toujours la production. Aujourd’hui, on ne peut plus vendre un animal qui ne corresponde pas à un débouché », analyse Christian Merret, vice-président de Coopéva. Même des clients en manque de matière première ont des exigences précises qu’il faut satisfaire strictement. Yvon Prigent, le président de Coopéva, illustre, « en 2010, nous avons beaucoup développé les ventes sur le Sud Ouest. Les abatteurs que nous y avons rencontré étaient demandeurs mais exigent une qualité précise et ils veulent surtout des veaux croisés », qu’ils peuvent mieux valoriser auprès de leur clientèle. Suite à l’assemblée générale du mois dernier, le message a été passé à la trentaine d’adhérents, et renforcé par l’intervention de Claude Mauguit, conférencier spécialiste de l’évolution du commerce par rapport à l’environnement de l’entreprise. Pour lui, le modèle coopératif est aussi un levier de développement pour les éleveurs et permet notamment de trouver et occuper des marchés de niche.
Débuts d’années corrects mais…
2010 était partie sur de bonnes bases, « mais il y a eu un passage à vide en été. La caisse de péréquation a fonctionné de juillet à septembre et la fin d’année a été compliquée avec une forte augmentation du prix des matières premières ». Sur l’année le prix de vente moyen aura été de 4,84 euros / kg pour les veaux Prim’holstein, et 5,75 euros / kg pour les croisés.
Comme l’an passé, début 2011 offre un prix qualifié de correct par les responsables de la coopérative. Ce qui les inquiète, c’est la fluctuation accrue des prix constatée depuis quelques mois, « entre février et mai 2010, le prix moyen de l’aliment pour les veaux avait augmenté de plus de 320 euros / t », illustrent-ils. Avec de telles variations, il faudrait rapidement trouver « 0,80 euro / kg dans le prix de vente pour compenser le surcoût. Actuellement, l’aliment (à 50% de poudre de lait écrémé) atteint 1 800 euros / t », alors que la moyenne annuelle 2010 s’établit à 1 436 euros / t. De ce fait, « certains producteurs hésitent à mettre en place des lots pour une sortie d’été ». Mais Yvon Prigent reste confiant car la filière « a toujours connu des hauts et des bas. C’est une production qui a de l’avenir ».
Ronan Lombard
Photo : Jocelyn Prigent et Katell Guizien, les deux salariés de Coopéva installés à Saint-Thégonnec (29).
Ouverte à de nouvelles adhésions
La coopérative regroupe des producteurs qui choisissent une autre voie que l’intégration. Pour mieux se faire connaître après des éleveurs, Coopéva construit un site Internet qui devrait s’ouvrir d’ici deux mois.
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