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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Lait | Article n°11595 |
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Lait / La dernière crise a laissé des traces - L’année de la consolidation de trésorerie
 

Lentement, trop lentement, le prix du lait se redresse. De 284 € / 1 000 litres dans les clôtures comptables de début 2010, il atteint les 320 € en décembre (clôtures à l’année civile). Les cotations sur le marché laitier sont bien orientées et les stocks (beurre, poudre) sont faibles. Le constat est similaire pour les cotations des vaches de réformes. La consomma-tion de viande donne des signaux positifs et les volumes abattus sont restreints.
Néanmoins, cet optimisme doit être tempéré. L’évolution récente des coûts de matières premières et de l’énergie pèsera sur les marges 2011. Le marché de la viande reste fragile et soumis à de multiples aléas. Le prix des veaux, par exemple, reste désespérément bas.
Des résultats en trompe l’œil
Les dernières études de groupe CER France portent sur les clôtures du 3ème trimestre 2010.
La période analysée ne permet pas de constater cette amélioration de la conjonctu-re laitière. Le prix moyen du lait : 305 € / 1 000 litres, des réformes : 755 €, des veaux : 155 € sont faibles. Pourtant, les résultats se rapprochent des moyennes pluriannuelles et tranchent avec les records historiquement bas observés en 2009. À cela plusieurs raisons. La campagne céréalière 2010 a permis une remontée des marges de 325 € par hectare (moyenne 2010 : 638 € par hectare). Les coûts alimentaires sont passés de 84 € à 77 € / 1000 litres en un an. Ceci, malgré l’impact de la sécheresse subie durant l’été. Le coup de frein brutal sur les investissements, observé durant la crise, commence à se ressentir sur le niveau des amortissements. Les aides conjoncturelles (prises en charge d’intérêts et de cotisations sociales, baisse des prélèvements sociaux…) confortent temporairement la rentabilité des entreprises.
Cette embellie est donc toute relative, car elle résulte d’aides exceptionnelles, de prix modérés sur les concentrés et les approvisionne-ments dont on sait qu’ils
sont désormais en forte hausse. Des reports d’investissements tôt ou tard s’imposeront.
La primauté du marché
La crise laitière a surtout révélé une grande hétérogénéité des producteurs. Un quart d’entre eux a un prix d’équilibre très bas. Ces derniers peuvent, dès à présent, envisager de nouveaux projets. La majorité a maintenu sa trésorerie à flot, en compressant les prélèvements privés et en ayant recours à l’endettement. Les courts termes mis en place sont maintenant à rembourser… Pour d’autres, la situation financière est devenue très fragile.
Par ailleurs, l’actualité laitière est riche : mise en place des contrats et gestion des quotas par bassin dès avril prochain, nouvelle organisation de l’interprofession et mise en place des organisations de producteurs, sans oublier la publication des propositions législatives pour la Pac 2013 l’été prochain.
Ceci ne doit cependant pas occulter que toutes ces dispositions visent à organiser la libre concurrence entre les acteurs. La primauté du marché comme facteur de compétitivité reste le postulat de base. La contractualisation ne signifie pas régulation. Elle peut permettre un lissage des prix et une visibilité dans les relations entre producteurs et collecteurs. Elle ne permettra pas la maîtrise des volumes indispensable pour peser efficacement sur les prix.
Résister au chant des sirènes
Le yoyo des prix reste à craindre. L’Europe souhaite simplement en limiter l’ampleur lors des crises graves. Pour la grande majorité des producteurs laitiers, la priorité actuelle est de s’assurer une marge de sécurité suffisante. Une année d’annuités, sous forme de placement de sécurité directement disponible, est un objectif raisonnable.
Pour y parvenir, il faut rester volontariste sur la maîtrise des charges, établir un prévisionnel et suivre, mois par mois, les postes à surveiller au travers d’un tableau de bord. Même un outil simple peut s’avérer très efficace à condition de mettre à jour sa comptabilité régulièrement.
La prudence exige aussi de bien mesurer l’impact économique des investissements programmés sur le coût de revient final du lait. Le chant des sirènes des opportunités fiscales pourrait se réveiller. Il faut parfois savoir y résister !
La valorisation des produits est un levier important. Le respect des critères de qualité est indispensable, bien sûr ! Mais la programmation des volumes à produire, judicieusement répartis sur la campagne en fonction du prix de vente mensuel et des coûts directs, permet d’optimiser la marge de l’atelier.
Enfin, l’Europe a prévu une évolution des volumes de 1 % par an jusqu’en 2013. La demande du marché peut, comme par le passé, permettre des volumes à produire supplémentaires. La conduite des élevages et les choix d’assolement fourrager doivent intégrer ces possibilités, afin d’être capable de réagir tout en limitant les surcoûts.

Luc Mangelinck
CER France Ille et Vilaine


 


Photo : L’heure est à la consolidation de la trésorerie et à la prévision pour les producteurs laitiers bretons.


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Date de l'article : semaine du N° du 25 Février au 3 Mars 2011
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