
Rappel des faits. Fin janvier, à la demande des éleveurs, la Commission européenne a activé des outils de gestion de crise pour la filière porcine via du stockage privé. Cette mesure visait à désengorger le marché européen et devait favoriser la hausse du prix du kilo de porc.
« L’efficacité de ce mécanisme de gestion de crise n’est plus à démontrer. Encore fallait-il que les abatteurs français l’optimisent, pour que le prix remonte », s’élève la FDSEA.
« En ayant très peu activé cet outil, les abatteurs français ont, d’une part, paralysé toute évolution du prix du porc ; d’autre part, ils ont signé l’arrêt de ce dispositif » précise Émile Riou, président de la section porcine du Finistère.
La FDSEA dit refuser d’entendre « les excuses habituelles que font valoir les abatteurs pour se donner bonne conscience : que ce sont les distributeurs qui n’acceptent pas les hausses ; que nous subissons de nombreuses distorsions de concurrence par rapport à l’Allemagne… ».
Parlant d’un sens de la responsabilité « plus que douteux », le syndicat estime que « le comportement des abatteurs démontre clairement leur volonté de maintenir des prix bas aux éleveurs, en faisant fi de la réalité économique des exploitations agricoles ».
Dans ce contexte, la Fédération estime qu’il faut travailler « au renforcement du pouvoir de commercialisation des éleveurs de porcs, pour équilibrer le rapport de force ».
Le syndicat n’exclut pas qu’en l’absence d’une remontée significative du prix du porc payé aux éleveurs, les producteurs « sauront où et comment mener leurs actions ».
Légende photo : Les abatteurs sont montrés du doigt par les syndicalistes qui n’excluent pas des actions dans les entreprises.