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Côtes d'Armor (22)
Assemblées locales CER France Côtes d’Armor / Le consommateur change, il faut s’adapter
 

Au-delà de la  revue de conjoncture (voir hors texte) et des informations sociales, fiscales ou juridiques, le CER avait décidé de faire un focus sur « les attentes des consommateurs ». Ce ci au travers de 3 témoignages filmés de d’Olivier Dauvers, éditeur et journaliste spécialisé dans la grande distribution, de Pascal Pellan, directeur de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, et d’Isabelle Raugel, consultante sur les tendances socioculturelles.


Segmentation de la consommation


Un fait saute aux yeux, la consommation des ménages en France à fortement évolué sur les 40 dernières années. La part de l’alimentation qui représentait 32 % du budget s’est effondrée et ne représente plus que 16 %. Dans le même temps  le logement et les charges attenantes, sont passées de 11 à 26 %, alors que les dépenses pour le mobilier ont été divisées par 3. Particularité française, les dépenses alimentaires restent élevées (3 680 euros par habitant) comparées à l’Allemagne (2210 euros). Un écart qu’Olivier Dauvers explique par les habitudes de consommation, mais aussi par les modes de distribution. Le hard discount est beaucoup plus implanté outre Rhin. Pas de quoi rassurer. « Le budget alimentation devient une variable d’ajustement ».
De son côté Pascal Pellan, constate que les plus de 60 ans sont plus nombreux que les moins de 20 ans. Dans ce monde de plus en plus virtuel, cette majorité attachée au lien physique,  au respect des délais, au caractère d’urgence. Il voit une période propice à un artisanat qui saura jouer sur la corde sensible de la proximité, de la prestation rapide … Il poursuit : « Il faudra des gens former et faire preuve d’esprit d’innovation ».


Non à la cyber épicerie


Les 8 – 30 ans ont évidemment des attentes différentes. Isabelle Raugel précise que pour eux le numérique est un interface incontournable. « Ils comparent les produits, consultent les avis d’autres acheteurs qui deviennent de fait de véritables prescripteurs, et bien sûr achètent en ligne sans hésiter. »
Par contre, le e-commerce dans l’alimentaire ne paraît pas être une voie qui se développera énormément. Ce qui ne veut pas dire que des initiatives de vente par internet ne peuvent pas séduire certains publics. Olivier Dauvers argumente sur le peu de chance de voir s’imposer la cyber épicerie. La Grande distribution joue sur les volumes et les prix. Cela voudrait dire inclure les coûts liés à la logistique de préparation et de portage. Quant à la place du maillon production dans les filière, il estime que la mise en marché est encore trop atomisée. Réfutant l’argument de la concentration de la Grande distribution. « Sept centrales d’achat, c’est encore beaucoup. » Un espoir donc, à condition de prendre les moyens de concentrer l’offre .

Pierre Dénès





Manque de lisibilité pour les productions animales
Les réunions de secteurs du CER Franec Côtes d’Armor étaient fortement orientées sur les effets de la crise porcine et des conséquences de la flambée du prix des  matières premières. La situation financière des éleveurs n’en finit pas de se tendre.
Certes sur 2009 et jusqu’à l’été 2010 le rapport coût de revient/prix de vente s’était équilibré sans pour autant permettre de renflouer les trésorerie. Mais, le 4e trimestre 2010 s’est soldé par l’augmentation du coût alimentaire, par une perte  de 100 euros par truie, une perte qui pourrait se situer entre 140 et 180 euros, sur le premier semestre 2011. Claude Fillâtre, directeur du CER, estime que « seul un sursaut  net du prix du porc peut permettre de compenser cette hausse du prix des matières premières ». En reconnaissant que dans l’immédiat, il y avait peu de lisibilité.
Du mieux en lait , aviculture et légumes
La situation des producteurs de lait est pour le moment plus enviable. « Les prix des produits industriels se maintiennent à  un niveau élevé ». De fait, les prix à la production se sont redressés, et les perspectives jusqu’à l’automne paraissent plutôt favorables. Le CER note aussi que le revenu des producteurs laitiers est positivement impactés par le prix des céréales (20 euros/1000 litres). Rappelant qu’en moyenne chaque exploitation laitière dispose d’une vingtaine d’ha de céréales.
Quant à l’aviculture, le CER constate un bon cycle de résultats. Elle profite d’une augmentation de la consommation, +5,4 % pour le poulet sur 2010. De même le grand export est à la hausse. « La marge brute s’est redressée de 6 euros du m2 ». Pour autant le secteur devra dans les années à venir intégrer les normes bien-être, ce qui pourrait nuire à sa compétitivité. Le secteur légumier a également connu une année correcte, « ce dont il avait besoin pour combler plusieurs campagnes délicates ».




Légende photo : Bertrand L’Hotelier, vice-président de CER France Côtes d’Armor, Claude Fillâtre, directeur, et Henri Prigent, responsable du secteur de Saint-Brieuc

 



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Date de l'article : semaine du N° du 25 Février au 3 Mars 2011
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