
Avec un fonds permanent de 100 à 150 offres d’emploi proposées sur le département, l’AEF parle de « stabilité des offres d’emploi ». Même si, en fonction des crises qui affectent à tour de rôle les différentes filières, l’association emploi formation assiste régulièrement à des glissements entre productions. Avec ce bémol, pointé par Marie-France Marchal, vice-présidente MSA d’Armorique : « Certes en production porcine, il y a de l’inquiétude au regard du marché. Mais les exploitations ne peuvent pas compresser significativement la main-d’œuvre car la production est intimement liée au travail consacré à l’élevage ».
Postes qualifiés
Le rapport annuel sur l’emploi dans la production agricole du Finistère(1) met l’accent sur l’émergence de postes qualifiés. « Les jeunes formés sont de plus en plus demandés. Les employeurs recherchent des salariés de niveau 4 (niveau bac) et quelques postes de niveau 3 (bac + 2) », commente Philippe Martail, président de l’AEF. Et de noter qu’en parallèle, « il y a une très forte augmentation de la formation continue. La profession fait des efforts au regard de l’élévation du niveau de compétence ».
Reste que si le mouvement vers davantage de formation est engagé, les deux qualifications « manœuvres » et « employés qualifiés » concentrent près de 46 % des postes proposés. « Ce sont des emplois de plantation et de récolte en cultures légumières, de ramassage de volailles et d’aides diverses en production ».
Particularité finistérienne bien établie, les cultures spécialisées (serres de tomates) emploient plus de la moitié des effectifs salariés (56 %), mais génèrent 42 % des ETP. À l’inverse, les élevages de gros animaux (porc et bovin) emploient 11 % des salariés mais représentent 19 % des salariés équivalent temps plein. « Signe d’une activité répartie sur toute l’année, comme c’est également le cas en cultures non spécialisées (légumes de plein champ) alors que les serres offrent une activité plus ponctuelle ».
Profil avec fibre éleveur
« Aujourd’hui, nous enregistrons une demande soutenue pour des compétences en élevage laitier », fait encore observer Gilles Burel, responsable de l’AEF. Et de faire remarquer : « Nous éprouvons quelques difficultés à trouver ces profils avec une fibre éleveur très développée ».
Sans surprise, le compte-rendu annuel montre que le salariat agricole est plus dense sur la partie Nord du département. Un lien à établir avec l’importance des cultures spécialisées et de l’élevage des gros animaux sur les territoires de Brest et de Morlaix.
À noter encore que, bien que la main-d’œuvre salariée poursuive sa progression,
le nombre d’employeurs baisse légèrement (4 294 employeurs sur le département). Un constat à mettre en lien avec l’évolution démographique agricole : 1,5 à 3 % d’exploitations en moins chaque année ces 4 dernières années. À souligner aussi que la formule du groupement d’employeurs (179 sur le Finistère) séduit majoritairement les secteurs de la polyculture-élevage et du maraîchage.
D. Le Du
(1) Le rapport annuel sur l’emploi est établi par 4 partenaires : MSA, AEF, Pôle emploi, Chambre d’agriculture.
Légende photo : Les partenaires de l’emploi ont présenté le dernier rapport chez Jérôme et Benoît Toullec, éleveurs laitiers à Plomelin, qui ont décidé d’embaucher un salarié pour pallier le départ en retraite de leurs parents.