Le soutien à la production des protéagineux, décidé par les pouvoirs public pour mieux approvisionner l’alimentation animale, est maintenu pour les récoltes 2011 et 2012. En 2010, les producteurs ont perçu une aide de 155 €/ha, incluant l’aide couplée européenne de 55 €. Les surfaces en protéagineux, après avoir fortement augmenté en 2010, vont à nouveau baisser cette année. L’aide par hectare devrait donc être plus élevée…
Semer tôt mais en sol bien ressuyé
Face aux risques de sécheresse précoce et de fortes températures de fin de printemps, les semis précoces de février offrent une garantie car ils permettent l’avancée de la période sensible des protéagineux (stades floraison et formation des grains). Cependant, c’est le ressuyage du sol qui donne le feu vert pour les semis. Une implantation en bonnes conditions et à la bonne profondeur (au moins 3 cm) limite les risques de dégâts liés au froid tardif, en cas de levée lente.
Pour un bon développement des racines et des nodosités, l’horizon de surface doit être bien aéré jusqu’à 10-15 cm, sans obstacle à l’enracinement en dessous de cette profondeur. Le nombre de passages pour la préparation du sol devra donc être limité, afin d’éviter tout risque de tassement préjudiciable. Un roulage est recommandé après le semis pour améliorer l’efficacité des herbicides de prélevée et faciliter la récolte du pois.
Adapter la densité au sol
Le pois se sème à une dose de 75 à 90 grains/m² suivant la qualité du lit de semences et le potentiel du sol et la féverole de 35 à 45 grains/m². Ces densités sont données pour des semences de qualité (faculté et énergie germinatives) et protégées contre les fontes de semis par un traitement de semences. Il n’y a pas lieu de moduler la densité de semis suivant les variétés.
On retiendra la « fourchet-te basse » dans les sols sans cailloux et à bonne réserve en eau, ou semis réalisé avec un semoir à distribution pneumatique. On optera pour la « fourchette haute » dans les sols superficiels, à faible réserve en eau. Les quantités à prévoir par ha seront calculées avec le PMG des variétés respectives, qui peut varier d’un lot à l’autre. La profondeur de semis sera de 3 à 4 cm en pois, 5 à 6 cm en féverole.
Plusieurs solutions de désherbage en pois
Le désherbage du pois (voir tableau) peut s’envisa-ger en prélevée, en post levée ou en programme « pré + post », suivant le risque de salissement de la parcelle. Pour la féverole, le désherbage de prélevée est indispensable. Sur pois, le traitement de post semis - prélevée est recommandé en parcelles à risque élevé de salissement en dicotylédones, ou en absence d’information.
La réussite des traitements de prélevée nécessite des sols préparés assez finement, frais et bien rappuyés. En sol sec et en absence de pluie dans les jours qui suivent le traitement, l’efficacité peut être significativement réduite. Les semences doivent être bien recouvertes et le traitement est à réaliser au plus près du semis, après roulage.
En cas de choix délibéré d’un programme « prélevée puis post levée », la dose d’application du produit ou du mélange de produits de prélevée peut être ramenée aux 2/3 de la dose homologuée.
Dans les parcelles généralement "propres", ou avec une flore adventice attendue assez facile, il est possible de désherber uniquement après la levée de la culture. Cette pratique doit toutefois être réservée aux situations où la qualité du ressuyage permet d’intervenir rapidement, quelles que soient les conditions climatiques.
Michel Moquet
Arvalis
Désherbage de pré-levée en féverole
Sur féverole, le désherbage de prélevée est obligatoire. Les produits utilisables sont les mêmes que sur pois, seuls ou en associations (tableau 1). En post levée, une intervention mécanique (binage) peut s’envisager, du stade 2-3 feuilles jusqu’à 6-7 feuilles, sous réserve d’écartement entre rangs compatibles (30-35 cm minimum).