
Le grand écart entre les propos des ministres du Commerce et de l’Agriculture commencent à nous agacer », déclare Laurent Kerlir, président de la FDSEA. Le premier, Frédéric Lefèvre, secrétaire d’Etat, chargé du Commerce, ne veut pas entendre parler d’une hausse des prix à la consommation. Le prix du panier de la ménagère en souffrirait. Les promesses présidentielles sur le pouvoir d’achat des français également. Le second, Bruno Le maire, souhaite répondre aux aspirations des agriculteurs. « Nous avons les meilleurs produits au monde. Nous avons beaucoup de contraintes environnementales et nous ne pouvons jamais valoriser nos efforts », renchérit Thierry Coué, premier vice-président de la FDSEA.
La difficulté d’afficher la provenance des produits irrite tout autant. « Nous ne pouvons pas tout attendre de la loi. Il faut agir dans chaque filière », poursuit Laurent Kerlir. « Nous ne sommes pas à l’abri d’éventuels ennuis sanitaires dans des pays voisins sans cette mention d’origine. Le problème récent de la dioxine en Allemagne (viande porcine) en est un exemple. 92% de la viande bovine, dans les rayons, serait d’origine étrangère, selon une étude de France Agrimer ». Le thème de l’assemblée générale du syndicat, du 24 février, portera sur la provenance des viandes dans les cantines scolaires de la région.
Contrats
La contractualisation suscite beaucoup d’interrogations. « Nous devons aboutir à des formes de contrats collectifs dans toutes les filières ». La demande ministérielle aux entreprises laitières de proposer un contrat à leurs producteurs au 1er avril 2011 a obligé les producteurs à réagir rapidement. Le syndicat exige un délai pour la signature. Le temps de se fédérer et d’harmoniser les contrats, sur des bases identiques. « Il ne faut surtout pas que le producteur signe seul. Nous travaillons à l’élaboration d’une lettre de réponse type aux courriers des entreprises. Plusieurs réunions d’information seront organisées dans le département (voir agenda)». Le syndicat souhaite que tous les producteurs soient logés à la même enseigne, qu’ils soient proches ou non des usines de transformation et que les provisions de fin de campagne soient harmonisées entre laiteries. « Lactalis ne donne que 2% de rallonge cette année quand d’autres laiteries en accordent 7%. En terme de trésorerie, quand on peut les produire, ce n’est pas la même chose ».
Bernard Laurent
Photo : Le nouveau bureau de la FDSEA. De gauche à droite : Frank Guehennec, Laurent Kerlir, Sylvie Robin, Marie Andrée Luherne, Marie Christine Le Quer, Gérard Doré, Frédéric Daniel (représentant Nicolas Chesnin), Thierry Coué et Serge Le Moullec. Absents : Jean René Menier, Franck Pellerin, Josette Thomas, Alain Guihard, Jean Paul Touzard et Albert Le Cornec.