
Un poulailler de 1 320 m2 est tombé suite à la neige de janvier 2010", explique Pierrick Le Helloco. Construit en 1981, ce bâtiment est l'un des cinq de l'élevage (5 670 m2), qui produit des poulets standards et légers. Pour pérenniser son outil, Pierrick a décidé de reconstruire. Il ouvrira ses portes le 18 février, en collaboration avec la Chambre d'Agriculture et Le Gouessant.
Déconstruire après sinistre
Il a d'abord fallu enlever les matériaux, l'amiante et la laine de verre. En conformité avec la législation, l'éleveur a réalisé lui-même le désamiantage, en prenant les précautions nécessaires. L'amiante mise sur palettes pour les plaques entières et en big-bag pour le vrac et la laine de verre (en poches) ont été stockées dans des bennes envoyées en décharge réglementée par une entreprise agréée. "Ce choix a permis de gagner du temps et de réduire le coût (5 200 e)".
Pierrick a choisi de reconstruire dans les mêmes dimensions de largeur (17 m) et de surface. La ventilation par extraction haute a été remplacée par une extraction latérale de type Colorado, déjà utilisée dans les autres bâtiments et dont le coût est inférieur. "J'ai choisi le même boîtier de régulation (Avistar), pour uniformiser la conduite et les réglages dans l'ensemble des bâtiments", précise Pierrick.
Récupérer les calories
Des "bandes de diffusion autorégulées" ont été installées sur les grandes trappes. Elles s'ouvrent sous l'effet de la dépression. Le système permettant de réchauffer l'air entre la toiture et la sous-toiture n'a pas été retenu.
Deux aérothermes extérieurs de 65 kW assureront le chauffage et les calories de l'air chaud sortant seront récupérées par 4 échangeurs de chaleur Leroy de 1 600 m3/h. Le poulailler est également équipé de 5 lignes de pipettes Lubbing et de 4 chaînes Multibek reliées à 2 silos neufs. L'éclairage répond aux nouvelles normes de réduction de consommation d'énergie (néons à balast électronique bien étanches).
Sol en béton
"Nous avons choisi de bétonner le sol du poulailler pour faciliter le travail et utiliser moins de litière", explique Pierrick. Un coût estimé à 22 400 e (terrassement, béton au sol, puits, tranchées et fosse). "Ce choix de béton au sol réduit le coût de la litière. On consommait avant 6,2 t de paille par lot (400 e). On l'a remplacé par 1,5 à 2 t. de copeaux (200 à 250 e)". À l'économie s'ajoutent le gain de temps dans la mise en place (1h au lieu de 3h30) et dans l'enlèvement de la litière ainsi qu'une meilleure valorisation du fumier.
Le coût global du poulailler s'élève à 225 000 e soit 170 e/m2 béton inclus, (150 e hors béton). Par rapport à un bâtiment neuf (200 e/m2 hors béton), les économies ont été réalisées par la récupération de certains matériels suite au sinistre et par les travaux personnels.
"Ce bâtiment neuf pérennise mon élevage", confie Pierrick. "Les innovations mises en place (chauffage, échangeurs, lumière, béton au sol) devraient permettre une progression des performances et une réduction des charges".
Patrick Bégos
>>> Pratique
Elevage de Pierrick Le Helloco à Allineuc (22), porte ouverte le 18 février à partir de 14 h.
Du Miscanthus pour la litière
L'éleveur a implanté 3,30 ha de miscanthus. "Nous avons envisagé l'achat d'une chaudière pour brûler le miscanthus et chauffer 2 bâtiments, mais le coût était trop élevé (matériel, bâtiment, stockage). Une première récolte a donné des rendements allant de 12 à 17 t/ha que nous utilisons en litière à 4 kg/m2, comme les copeaux". Le miscanthus sert aussi aux repaillages en cours de lot.
Légende photo : Pierrick Le Helloco (3ème à partir de la gauche) avec son fils Benoît, Sylvie Conan (Chambre d'Agriculture) et Alain Rault (Le Gouessant).