
Un point sur l’utilisation des produits phytosanitaires. Ou plutôt un point sur la diminution de leur utilisation. C’est ce que proposait d’aborder, le 18 janvier dernier à Gouesnou, l’association Préver (voir encadré), lors d’une conférence-débat suivie par une centaine de personnes de tous horizons.
Les pratiques évoluent dans le bons sens
Première conclusion : les pratiques évoluent. Ainsi Emilie Labussière, chargée de mission Ecophyto à la Chambre d’agriculture de Bretagne, rappelle-t-elle, qu’entre 2001 et 2006, les cultures de céréales et de maïs représentant respectivement 430 000 ha ont vu les doses de matières actives diminuer de 45 % entre 2001 et 2006. Sachant qu’à côté, les 700 000 ha de prairie n’utilisent que très peu de phytos.
Quant aux collectivités locales, elles ont également réduit le recours aux phytos. Régine Darras , de la direction de l’écologie urbaine à Brest Métropole Océane, fait ressortir que le service espace vert de BMO qui utilisait 1 000 kg en 1994 n’emploie plus que 20 kg en 2008. Pour la voirie, la quantité est passée de 220 kg à 0 kg sur la même période.
Plus difficile de quantifier l’évolution chez les « jardiniers du dimanche ». Les statisti-ques manquent. Pour autant, une dynamique est enclen-chée au travers de l’opération « jardiner au naturel », a rappelé Florence Sénéchal, de Brest Métropole Océane, et Charly Rio, de la Maison de l’Agriculture Biologique. « L’originalité de la démarche a été d’associer les jardineries de la région brestoise Au total une vingtaine de jardineries a joué le jeu et s’est engagée dans une charte les engageant à préconiser des solutions alternatives à l’utilisation des phytos ».
Le « si possible » fait débat
Sujet sensible lié à l’utilisation des phytos, les trois interventions ont mis l’accent sur les conséquences pour la santé des utilisateurs. « Les actions de prévention en collaboration avec la MSA dans le secteur agricole se développent et prendront de l’envergure ».
Sur les conséquences pour la qualité de l’eau, les points de vue ont été différents. Au vu des statistiques de la Diren, présentées par Emilie Labussière, une passe d’arme a eu lieu. D’un côté Jean Paul Kerrien, agriculteur à Taulé, a insisté pour que l’on reconnaisse les efforts qui ont été faits, même s’il en reste encore à faire. D’un autre, Arnaud Clugery, d’Eaux et Rivières de Bretagne, qui a opposé d’autres statistiques sur l’évolution de la qualité de l’eau. Avec, en toile de fond, l’objectif du Grenelle de l’environnement de réduire de 50%, « si possible », l’utilisation des phytos d’ici 2018. Un « si possible » qui fait débat. Plusieurs agriculteurs présents dans la salle faisant en effet remarquer que le « si possible » est important, car la réduction des phytos représente un challenge économique qu’il serait vain d’occulter.
Photo : Pour une première, la conférence-débat organisée par l’association Préver a réuni une centaine de personnes.
Défendre les intérêts du milieu rural
Préver – contraction de PouR l’Ecoute et la Valorisation de l’Espace Rural – est une association créée en 2010. Elle est composée d’une vingtaine de membres, tous acteurs du milieu rural sur le Pays de Brest : agriculteurs, sportifs, chasseurs, pêcheurs…. « La première motivation a été une réaction aux attaques dont fait l’objet le monde rural et l’agriculture en particulier. En se regroupant dans une association, nous voulons positiver, rétablir des vérités, en aucun cas invectiver », expliquent les responsables. L’association se donne pour mission de communiquer positivement vers différents publics afin de valoriser l’environnement rural et ses acteurs. Bref, de défendre les intérêts du milieu rural.