
Une tendance plus favorable semble s’amorcer sur le marché porcin.. Les observateurs l’espèrent durable sur les prochaines semaines. Plusieurs raisons sont invoquées : une baisse saisonnière de la production, une demande soutenue vers l’Asie (Corée notamment), et vers l’Espagne en manque de marchandise, la mise en œuvre du stockage privé pour soulager le marché de l’effet dioxine en Allemagne …
Pour autant, vu du côté des éleveurs, on est évidemment encore loin du compte. La remontée souhaitable est estimée à 25-30 centimes, ceci pour couvrir les hausses du prix de l’aliment, consécutive à la flambée des matières premières. Compte tenu des règles du marché qui limitent les hausses maximales hebdomadaires à 6 centimes (jeudi + lundi), cette remonté prendra du temps. Sans oublier la pression de la distribution qui se manifeste déjà en freinant sur les augmentations de tarifs. Certains abatteurs montrent aussi peu d’empressement pour peser sur le bouton du cadran et « traînent régulièrement des pieds ».
Plus value VPF
La pression syndicale est maintenue. Certes, ces derniers jours il n’y a pas de nouvelles actions auprès de la grande distribution. Mais, elles pourraient reprendre, si des signes positifs ne sont pas perçus rapidement. La mention d’origine des viandes reste une priorité. « Et pas question de laisser les transformateurs s’abriter derrière des motifs futiles, du style pour écouler des stocks d’étiquettes ou d’emballages ».
Au niveau de la FNP, l’idée d’une valorisation de VPF en pied de facture revient dans les discussions. Jean-Michel Serres, président de la FNP, est persuadé que cette plus-value VPF pourrait se traduire par une augmentation de 7 à 8 centimes du kilo. Les éleveurs sont dubitatifs, car ils attendent plus et surtout rapidement. « On est en train de nous user », note Philippe Saliou, vice-président de la CEB. « Je suis aussi inquiet par le manque de réactivité de la filière porcine française, au regard de la filière allemande qui en moins de 3 semaines a su retourner une situation critique et reprendre les 35 centimes cédés ».
Pierre Dénès
Légende photo : Jean-Michel Serres, Président de la FNP