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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Porcs | Article n°11543 |
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Des raisons d’y croire / La concurrence sera européenne
 

Nous sommes à la fin d’une histoire », annonçait Vincent Chatelier, économiste à l’Inra, vendredi dernier à Ploërmel (56), à l’assemblée générale du groupement porc de Triskalia.  « Il n’y a plus de gains de productivité à faire en production porcine. Ou alors, ils coûteront cher ». L’optimisation est réalisée. Le trentième porcelet n’est pas forcément rentable. L’économiste se montrait toutefois optimiste pour l’avenir de la production. « L’augmentation de la population mondiale et du pouvoir d’achat. Les Chinois ont de plus en plus d’argent, grâce à leurs exportations. Ils finiront par ouvrir leur marché aux produits alimentaires ». Ils consomment traditionnellement beaucoup de viande porcine.
Trois grands bassins de production exportent : l’Amérique du nord, l’Union européenne et le Brésil. « Les américains n’ont pas profité de la parité monétaire qui leur était favorable. Leur balance commerciale agricole avec les pays européens a baissé. Ils ont choisi d’utiliser le tiers de leur production de maïs comme carburant ». Un gros volume en moins pour leurs productions animales. « Le Brésill n’envahira pas le monde. Il fournira l’Asie en soja et éventuellement en viandes ». L’Union européenne et ses 500 millions d’habitants sera un marché captif. Quasiment pas d’importations. « La concurrence, pour la France, viendra des autres pays de l’Union ». La consommation de porc n’augmentera pas en Europe. La vigilance s’impose, à ce niveau. Certaines cantines scolaires des grandes villes se détournent de la viande de porc en raison des interdits religieux d’une partie de la population. L’économiste juge l’organisation de la filière, le savoir faire technique, la traçabilité et le niveau sanitaire comme autant d’atouts. « Il faut poursuivre les efforts sur l’innovation des produits et la concentration des entreprises. La création de grands groupes est une parade aux souhaits d’expansion des entreprises chinoises ».


Spéculation sans crainte


Rien à craindre non plus de l’évolution de la Pac. « La production porcine est peu aidée. Elle n’a donc rien à perdre. La mort programmée des DPU et la nouvelle répartition des aides peuvent lui laisser quelques espoirs. Aujourd’hui les aides vont aux céréaliers, qui ont aussi les prix ! ». Quid du rôle des spéculateurs qui amplifient la volatilité des prix de l’aliment ? « Pas vraiment un problème sur du moyen et long terme. S’ils jouent à la hausse en conservant du stock, ils envoient dans le même temps un signal pour la récolte suivante : l’emblavement mondial augmente, la production aussi et les cours baissent. C’est une forme de régulation ».


Pas de cadeaux


Quelques écueils subsistent. Si la concurrence est européenne, les règles doivent être les mêmes pour tous. L’embauche de main d’œuvre ukrainienne dans les abattoirs allemands est principalement visée. L’investissement dans les bâtiments est en panne. Il est pourtant nécessaire pour conserver de la compétitivité. L’étiquetage avec mention d’origine est indispensable. Toutes les viandes affichent leur origine. Seule la viande porcine fait exception. L’économiste prévient : «  Il ne faut pas présenter l’étiquetage comme une manière de répondre à des distorsions de concurrence. Il faut mettre en avant le fait qu’il s’agit d’un souhait de plus en plus fort du consommateur de connaître l’origine des produits ». Il fustige également les promotions incessantes sur la viande de porc. « La société est déconnectée de la production. Le consommateur veut tout au moindre prix, sans se soucier du travail réalisé en amont du produit. Il s’habitue au prix bas. Il ne faut pas lui faire de cadeau avec ces promotions ». Avis aux distributeurs…

Bernard Laurent




Opinion : Michel Bloc’h : “Conserver le potentiel de production”
Selon Michel Bloc’h, Président du groupement porc de Triskalia, une baisse de production n’est pas souhaitable. “Il faut conserver nos volumes de production et rester auto-suffisant pour limiter les importations, qui, bien souvent, font le prix du marché intérieur. Les anglais l’ont compris à leurs dépends. Les viandes de porc, dans les grandes surfaces, y sont désormais allemandes. La production devrait néanmoins baisser un peu en France, dans les pays de l’Est et surtout en Espagne, qui subit les effets de la crise économique. La consommation de porc frais diminue de 2% sur un an (la restauration collective en consomme moins). La charcuterie progresse d’1,5% et les jambons de 2,7%, produits souvent importés. Les exportations (hors Union européenne) sont en progression. Le stockage privé, que nous demandions, est acquis. Il doit être accompagné de restitutions aux exporta-tions hors Union, sinon nous retrouve-rons cette viande sur le marché cet été. Nous poursui-vons nos efforts sur la mention d’origine sans laquelle les industriels continueront de faire de la publicité avec notre argent pour consommer de la viande espagnole. Nous demandons également un délai pour la réalisation des mises aux normes bien-être.”




Légende photo : Vincent Chatelier, Économiste à l’Inra.

 


 



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Date de l'article : semaine du N° du 11 au 17 Février 2011
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