
Il faut bien se préparer à la contractualisation , admet Hervé Moël, président de la section laitière de la Fdsea, puisque la fin des quotas est actée pour 2015 ». De la à dire qu’il faut se précipiter, non. Il accuse même le ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, en ayant publié le décret du 31 décembre 2010 qui oblige les entreprises laitières à proposer un contrat, à faire dans l’activisme politique. Se précipiter pourrait, selon lui, « conduire à une forme d’intégration, telle qu’elle a déjà été pratiquée dans d’autres secteurs (aviculture, veaux de boucherie ».
La FDSEA invite donc les éleveurs laitiers à se montrer extrêmement prudent. « Dans l’immédiat nous incitons les producteurs à ne pas signer », insiste Jean-Jacques Poëzévara, le président de la FDSEA. En demandant aux éleveurs qui recevraient des propositions à les faire suivre après des services de la FDSEA pour les faire analyser.
D’abord l’organisation des producteurs
Le syndicat reste sur la ligne de conduite qu’elle a affirmée depuis plusieurs mois : « Ne pas laisser le producteur seul face à son entreprise ». Dès lors il ne veut pas brûler les étapes. Sa priorité du moment est l’organisation collective et économique des producteurs, notamment auprès des entreprises privées. Ce n’est qu’ensuite que les représentants des éleveurs accepteront de négocier, là aussi collectivement, la mise en œuvre du contrat. « Le contrat individuel ne devra être que la déclinaison à l’échelle de l’exploitation, du contrat négocié collectivement ». Il devra notamment intégrer les notions de volume, de durée, et de conditions de fixation du prix. Le syndicalisme espère ainsi de la transparence pour éviter une anarchie dans les modes de contractualisation.
Une transparence également demandée par la FDSEA pour le paiement du lait de fin de campagne, notamment au niveau des allocations provisoires. « Le prix payé pour ces litrages supplémentaires doit être calculé selon les indices et valeurs fournis par l’interprofession laitière. – par exemple de la valorisation beurre/poudre publiée par le Cniel », concluent les responsables.
Pierre Dénès
Photo : Hervé Moël, Président de la section laitière de la FDSEA