
C’est à la fin du congrès de la Fédération nationale bovine (FNB), le 3 février à Autun que Bruno Le Maire a apporté quelques réponses aux demandes des éleveurs et surtout a pris position dans les échanges intrafilières sur le prix à la production. Il a ainsi clairement dénoncé le refus des industriels de faire monter les prix à la production en élevage bovin. « Certains industriels jouent le jeu, d’autres non. Et s’il faut publiquement expliquer quels industriels ne jouent pas le jeu, je le ferai », s’est-il exclamé. Il précise que les « coopératives ne sont pas toujours celles qui jouent le mieux, avec vous, le jeu pour faire remonter les prix. » Effectivement, à lire le titre de la présentation de Philippe Chotteau, chef du département économie à l’Institut de l’élevage, Les cours du boeuf flambent partout… sauf en Europe, il y a de quoi se poser des questions en matière de prix de la viande.
Favoriser l’export à tout prix
Pour Jean-Pierre Fleury, secrétaire général de la FNB, « une volonté gouvernementale » est indispensable pour « aller chercher des marchés à l’export ». Bruno Le Maire lui répondra en rappelant tous les efforts faits en faveur du déblocage de nouveaux débouchés exports (Russie, Turquie, Egypte, Liban…). Il annonce d’ailleurs la signature d’un nouveau certificat sanitaire le 1er février avec l’Algérie, supprimant la vaccination FCO obligatoire des vaches mères. De plus, il déclare que « l’Etat reconnaîtra officiellement la vaccination » FCO faite par les éleveurs. Dans ce sens et afin de faciliter les vaccinations contre la FCO qui pourraient mettre à mal bon nombre d’échanges internationaux, Bruno Le Maire devrait rencontrer prochainement les laboratoires afin d’obtenir une explication sur la récente multiplication par 3 ou 4 du prix du vaccin.
Machine à classer et réforme des cotations
Sur le sujet de la machine à classer, il n’hésite pas à parler « de sanctions nécessaires » si la généralisa-tion de cette machine dans les abattoirs de plus de 3 000 t n’a pas été effectuée avant le 31 janvier. Cette généralisation avait été demandée par le ministre dans une feuille de route, acceptée par toute la filière le 9 novembre dernier. La refonte des cotations faisait également partie de cette feuille de route. « Nous avons un système de cotation qui date des années 50 », proclame Bruno Le Maire. Il a donc mis en place un comité, rassemblant les acteurs de la filière dont FranceAgriMer, qui devrait débuter en avril. « Je donnerai à FranceAgriMer un vrai pouvoir de regard sur les cotations », a-t-il notifié. La veille, Dominique Langlois avait clairement exprimé dans un groupe de travail qu’« aujourd’hui les cotations ne correspondent à rien du tout. Il faut remettre le reflet du marché à l’instant T ».
Un GIE export
Pierre Chevalier, président de la FNB, soutenu par Xavier Beulin, président de la FNSEA, a clairement insisté sur l’opportunité d’un GIE export, dénonçant l’attitude du groupe Bigard qui refuse de chercher des marchés à l’international. Pour le groupe, cela signifierait démanteler et remettre en cause le fonctionnement de son marché et probablement son hégémonie.
Légende photo : La FNB fait appel à la volonté gouvernementale pour aller chercher des marchés à l’export.