
Garder les jeunes bovins laitiers plus longtemps sur l’exploitation pour voir augmenter le chèque à la vente est une option choisie par certains producteurs. En raisonnant produit par jour de vie (jdv), cette orientation n’est pas intéressante économiquement. C’est ce qu’ont démontré les techniciens d’Arco-Gibev au travers d’une étude chiffrée basée sur 183 exploitations de l'union Ter'élevage : 129 élevages en Prim’Holstein pour 4279 JB commercialisés, 36 en Montbéliarde pour 1375 JB et 18 en Normand pour 570 JB.
« Sur les trois races, nous avons observé la même tendance : le produit/jdv baisse entre 18-19 mois et 22-23 mois », a fait remarquer Gérard Boulay, technicien bovins Arco-Gibev, lors d’une réunion technique du groupe de progrès « éleveurs veaux de 8 jours » de la coopérative.
Le poids ne fait pas le produit
L’étude met à mal un autre a priori concernant les JB laitiers. Plus ils sont lourds, plus l’éleveur gagne. « Faux. Et ceci sur les trois races de l’étude », précise Gérard Boulay. En Prim’Holstein par exemple, le produit/jdv peut atteindre 1,80 euro avec des animaux de 340 kg de carcasse comme avec 400 kg. « Le poids de carcasse n’a pas d’incidence forte sur le produit/jdv ».
« Plus que le produit brut, c’est la performance qu’il faut travail-ler. Quelle que soit la race, le produit par jour de vie est directement lié au GMQ carcasse, à savoir le poids de carcasse divisé par l’âge en jours (de la naissance à la vente). La croissance fait la performance économique », note Jean-Louis Loreau, reponsable technique Arco-Gibev. L’étude met en relief un écart de 31 centimes d’euro de produit/jdv entre les élevages Prim’Holstein du tiers inférieur et du tiers supérieur. Ces derniers affiche un produit/jdv de 1,72 euro avec un GMQ carcasse de 655 g, sachant que les animaux ne restent en moyenne que 18,3 mois en vie. Le tiers inférieur se situe à 1,41 euro avec un GMQ de 554 g, les animaux étant abattus à 21 mois.
En Montbéliarde, le tiers supérieur affiche un produit /jdv de 1,98, avec une GMQ carcasse de 700 g (18,3 mois). Pour le tiers inférieur, le produit/jdv descend à 1,71, le GMQ à 625, avec 19,4 mois de vie. En Normande, on observe la même corrélation. L’explication se trouve en partie dans le fait que les besoins d’entretien occupent une part grandissante, par rapport aux besoins de croissance, lorsque les animaux grossissent. Le coût quotidien attribué à l’entretien s’amplifie avec le temps dans le coût de production total : les derniers kilos de croissance sont donc coûteux. Même s’ils sont produits à base de maïs ensilage.
Mettre des pratiques en face du produit/jour de vie
Pour aller plus loin face à ce constat, le groupe d’éleveurs souhaite mettre en face de cette performance économique, des coûts de production et des pratiques d’élevage. « Nous allons enquêter sur les exploitations affichant le meilleur produit/jdv pour tenter de dégager de grandes tendances sur les pratiques d’allotement, les périodes de vente, les charges, les bâtiments, les performances aux différents stades… ». L’hypothèse est déjà faite que ces éleveurs adoptent une gestion particulièrement pointue en nurserie et après le sevrage jusqu’à 8,5 mois.
Agnès Cussonneau
Influence du prix au kilo
Un bon prix au kilo de carcasse reste un critère important pour augmenter la marge sur l’atelier JB laitier. D’où l’importance de positionner au mieux ses ventes sur le marché, quand la structure d’exploitation le permet. Sur les quatre dernières années, les prix sont mieux placés de novembre jusqu’à début avril. Pour optimiser les prix, Arco-Gibev propose des contrats à prix minimum garantis ou prix fixes, pour des veaux achetés ou nés sur l'exploitation.
Mais le prix au kilo n’est pas déterminant dans l’augmentation du produit/jdv. « L’étude montre que ce dernier peut varier de 0,60 euro pour un même prix de vente par kg de carcasse en Prim’Holstein, de 0,50 euro en Normande et de 0,40 euro en Montbéliarde », relèvent les techniciens qui le répètent : « La croissance prime ».
Contact tél. : 02 99 00 72 07.
Légende photo : L'étude d'Arco-Gibev montre que la croissance fait la performance économique.