
C'est grâce à son analyse des pratiques quotidiennes que Stéphane Gardan dispose de bâtiments fonctionnels sur son corps de ferme en poursuivant l'objectif d'avoir le moins de mal possible à travailler au quotidien. Installé en 1997 en Gaec avec ses parents, il leur succède en 2004 avec Sandrine, sa femme. Entre temps, il a progressivement démonté les bâtiments de sa première ferme pour les remonter sur le site de Saint- Didier. Pour faire la stabulation principale, "nous avons aussi démonté une porcherie d'engraissement pour avoir plus de matériaux", et faire un bâtiment plus grand. "En démontant, j'imaginais comment remonter au moins cher et surtout comment rendre mon bâtiment le plus fonctionnel possible". Ainsi, les silos de maïs sont désormais contre le mur de la stabulation pour gagner une cloison et avoir les stockages d'aliment au plus près du lieu de distribution. L'agencement en 2 parties de la stabulation a permis de penser un coin à veaux pratique, "c'est un lieu primordial dans un bâtiment d'allaitantes". Au fond de l'aire paillée des vaches, les veaux ont un accès vers une case qui leur est destinée et accessible avec la dessileuse. Leur distribuer un aliment spécifique est ainsi plus simple. Le passage entre les deux zones peut être équipé d'un circuit de contention qui facilite les tris et les manipulations.
Une case d’insémination
Les quais d'alimentation ont été volontairement fait beaucoup plus hauts que le niveau de la stabulation afin de pouvoir accumuler une grande quantité de litière et donc vider le fumier moins souvent. Stéphane Gardan s'est aussi aménagé une case d'insémination. Depuis, il a constaté une amélioration des taux de réussite de l'IA, « nous sommes à 70% de réussite à l’IA ». Pour cette opération qui doit se passer dans le calme, l'inséminateur est ainsi mieux installé et l'animal est mieux maintenu qu'au cornadis. La vache n'est pas non plus isolée de son milieu de vie et reste au contact de ses congénères. Moins de stress, les chances de réussite sont optimisées.
Des contreparties
L'année dernière, Stéphane Gardan a également monté un nouveau bâtiment à partir d'un hangar acheté d'occasion, "j'ai fait la maçonnerie, monté les structures et agrémenté avec les tôles et le bardage neufs".
Pour réussir ces travaux d'envergure, l’éleveur est conscient que cela demande du savoir–faire et de la motivation. "Le goût de la construction m'est venu grâce à un maître de stage qui m'a appris à bricoler", précise-t-il. Mais il faut aussi et surtout, du temps. "Pour les veaux de lait, j'ai dû changer mon Dal. Plutôt que de faire installer un système neuf, j'ai repris du matériel d'occasion que j'ai démonté et remonté moi-même. J'ai peut-être perdu une bande car cela m'a pris près de 4 mois. Mais aujourd'hui, je n'ai pas d'emprunt, donc si je le décide, je peux me permettre d'arrêter les veaux", résume l'éleveur qui dispose donc d’un levier supplémentaire pour réaliser d’autres projets. Pour les vaches, les travaux de construction ont aussi pris du temps que l’éleveur n'a pas passé au suivi et la surveillance du troupeau. Mais, "maintenant que j'ai un bâtiment qui me plaît, qui fonctionne et qui ne me coûte pas trop cher, je me suis fixé d’autres priorités. Par exemple, je mise désormais beaucoup sur la génétique pour faire progresser notre entreprise".
Ronan Lombard
L’élevage de Limousines à l'EARL de la Coeffelière en 2010 :
•2,5 UTH
•69 vêlages
•44 jeunes bovins engraissés vendus.
Légende photo : À côté des génisses destinées au renouvellement, une case dédiée aux veaux est accessible par un passage qui peut être équipé d’un couloir de contention.