
Le bras de fer entre le collectif FCO breton et les autorités continue. La fin d'année 2010 a été marquée par l'abandon de l'obligation vaccinale contre la FCO (Fièvre Catarrhale Ovine). Mais les procès d'éleveurs ayant refusé de vacciner en 2009 se poursuivent. Pour le moment aucun n'a été condamné, tous bénéficiant de nullités ou de relaxe.
Un traitement différent
En Bretagne, le traitement des dossiers des éleveurs "refuseurs" varie d'un département à l'autre. Dans le Morbihan, le procureur de Lorient a classé les dossiers des éleveurs concernés. En Ille-et-Vilaine, des rappels à la loi ont été émis par le procureur de Rennes. Dans le Finistère, des éleveurs sont convoqués en gendarmerie. En Côtes d'Armor, une dizaine d'éleveurs se retrouvent sur les bancs du tribunal de St Brieuc avec un délibéré au 2 février. "Nous nous étonnons des différences d'appréciation et de traitement entre départements", s'insurgent les membres du collectif FCO.
Ce collectif regroupe environ 350 éleveurs dans les 4 départements bretons. "Nous estimons autour de 1 000, le nombre d'éleveurs de bovins et d'ovins qui auraient refusé la vaccination durant la première campagne", déclare Thierry Machard. "Dès 2008, nous avons attiré l'attention des pouvoirs publics sur leur erreur d'obliger à vacciner". Des sommes importantes ont été dépensées (de 150 à 200 millions d'euros par campagne), “en obligeant par la peur”.
Savoir-faire de l'éleveur
"Dès cette époque, nous avons clairement annoncé que nous étions prêts à faire vivre nos troupeaux avec cette maladie", souligne Joseph Templier. "Elle n'est pas contagieuse et ne se transmet pas à l'homme. Nous estimons que l'éleveur est le mieux placé pour décider ou non de vacciner. On ne tient pas compte de ses connaissances et de son savoir-faire".
"Qu'on nous laisse agir en nous laissant libres". Les membres du collectif estiment que l'immunité naturelle est permanente alors que l'efficacité des vaccins n'est pas démontrée au-delà de 6 mois. "Il existe d'autres solutions alternatives que la vaccination", ajoutent les membres. "Nos troupeaux sont en bonne santé et nous avons une réflexion globale sur une thérapie alternative en élevage".
Les membres du Collectif reprochent également aux autorités publiques l'absence de mesure des conséquences sur le troupeau (avortement, mortalité…). Que se passera-t-il demain si à nouveau une maladie de ce type sévit ? "Au-delà de la FCO, c'est le problème de confiance dans nos organisations d'élevage qui est posé".
Patrick Bégos
6 éleveurs déclarés “coupables”
Sur les 10 éleveurs concernés en Côtes d'Armor, 3 ont eu un non-lieu, 1 est soumis à un délibéré en mars et 6 ont été déclarés "coupables" dont 2 dispensés de peine et 4 avec amende de 90 euros. Le collectif réfléchit à la suite à donner, avec éventuellement l'option d'un pourvoi en Cassation.
Légende photo : Les membres du collectif FCO demandent l'abandon des poursuites contre les éleveurs et la mise en place de programmes de recherche sur l'immunité naturelle.