Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 22 | Article n°11516 |
Recherchez  dans  Recherchez
Recherche avancéeRecherche avancée
Archives (prochaine parution le 25 mai 2012) Recevoir les articles par mailAlerte email
 
 
Côtes d'Armor (22)
Forum des savoirs sur l’agriculture et l’agroalimentaire : Un avenir à construire avec les agriculteurs
 

Le développement économique breton lié au secteur agricole a séduit au-delà des frontières régionales, le sérieux des acteurs est majoritairement reconnu, la qualité des produits aussi. Pour autant les incertitudes face à l’avenir interpellent aujourd’hui. La faute aux crises à répétition, la faute aux impacts sur l’environnement pourtant mieux maîtrisés, la faute à la volatilité du prix des matières premières et de la mondialisation …
Claude Saunier, président de Zoopôle développement, l’a mis en évidence lors de la journée de synthèse jeudi à Ploufragan : « Les 50 ans de développement agricole sont une sorte d’épopée qui a permis de transformer une agriculture bretonne archaïque en une agriculture de référence. Mais il faut aussi  avoir la lucidité de devoir à payer le prix environnemental ».  S’il reconnaît d’immenses progrès dans le respect de l’environnement, il pointe d’autres défis autour des problématiques de l’eau, de la biodiversité, de l’énergie. Reprenant ainsi la notion d’une agriculture écologiquement intensive, qui puisse concilier production, environnement et territoires, sécurité alimentaire.


Ne pas abandonner la proie pour l’ombre


Les différentes synthèses ont mis en évidence des objectifs assez convergents autour de la sécurité alimentaire, du respect de l’environnement, du poids essentiel de l’agriculture et de l’agroalimentaire dans l’économie régionale, les enjeux territoriaux. Mais, une fois encore, sans qu’il y ait eu réels affrontements, on a constaté combien il reste difficile de rapprocher tous les points de vue.
Pour quelques-uns, le hors sol et la production intensive sont rapidement confondus avec  atteinte à l’environnement, assimilés à faible qualité… « Il faudrait s’orienter vers des circuits courts, vers plus de bio… ».  « Et pourquoi pas produire moins », sous entendu mieux.
Pris à témoin,  le citoyen-consommateur, absent du débat, aurait des envies de qualité, de terroir, d’authenticité, sans avoir forcément la volonté ou les moyens de payer plus. Dès lors sa stratégie se résume à : « du bon, au sens pas mauvais pour sa santé, et du pas cher ».  Gilles Salvat, directeur de l’Anses (ex Afssa), admet : « Le marché a besoin de tous les types de production et l’on ne peut pas avoir que de la haute couture ».
Loïc Cauret, président du Pays de Saint –Brieuc, estime quant à lui « qu’il ne faut pas abandonner la proie pour  l’ombre . Abandonner une politique de production aurait des conséquences, sur le plan économique et social. Nous n’avons aucune raison d’être plus bêtes que les autres. 95 % de ce qui est produit n’est pas consommé localement ». Il n’oublie pas les milliers d’emplois liés à l’agriculture et à l’agroalimentaire dans les outils d’abattage et de transformation. Philippe Hercouët, adjoint à la DRAF, abonde : « l’économie agricole et agroalimentaire bretonne est le socle de l’économie régionale et de la vie de nombreux citoyens ».


Revenir à des choix cohérents


Des propos partagés par Olivier Allain, le président de la Chambre d’agriculture. Il se montre toutefois plus  interrogatif quant à la cohérence entre les objectifs affichés par les pouvoirs publics et les décisions. Il rappelle que « 15 ans de prix bas pour le producteurs n’ont pas profité aux consommateurs ». Et ne comprend pas l’obstination à vouloir tout déréguler. « On ne pourra jamais mettre en parallèle des agricultures européennes, brésiliennes ou africaines ».
Incohérence aussi dans la politique européenne. Il cite le découplage total des aides qui permet de percevoir des soutiens sans produire, ou d’attribuer des aides quel que soit le niveau des prix (exemple des grandes cultures). « Quand on voit que l’on va droit dans le mur, on se doit de rectifier  la trajectoire ».  Et conclut : « On a besoin des politiques, mais on a surtout besoin de choix politiques forts et cohérents ».

Pierre Dénès



 Loin des intentions aux  moyens

« Agriculture, agroalimentaire, environnement, territoire », un creuset particulièrement riche pour débats et colloques en tout genre. Les politiques, mais aussi des intervenants du monde associatif, tous affichent sans hésiter, une évidente légitimité pour penser pour l’agriculture, dire ce qu’elle sera demain ou tout du moins ce qu’elle devrait être. Et l’on assiste, à tous les échelons -  départemental, régional et national - ici un forum, là des consultations populaires ou des assises, plus loin des sessions spéciales … Donnant  lieu à d’épais rapports.  Un constat s’impose à tous :  « l’agriculture et ses orientations n’est plus la chasse gardée des agriculteurs ou des organisations, fussent elles représentatives ». Finalement, comme le disait l’homme d’Etat, Clémenceau, à propos de la guerre, trop sérieuse pour être confiée à des militaires, ils estiment sans doute que les enjeux de l’agriculture sont trop importants pour être confiés à la seule profession agricole !
La multiplication de ces initiatives agace quelque peu les responsables professionnels. Car les intentions, aussi louables soient elles, oublient parfois les réalités économiques de l’agriculture dans un contexte  mondialisé, prêtent aux consommateurs un civisme qu’ils n’ont pas forcément, négligent les progrès réalisés dans les différents domaines, s’émancipent du quotidien des agriculteurs, souvent pris pour cibles. D’autant plus désagréables pour les professionnels, amenés en permanence à se justifier, qu’ils se rendent vite compte que ceux qui les interpellent n’ont pas les moyens de leurs intentions, car les grandes décisions se prennent ailleurs.





Légende photo : De gauche à droite Philippe Hercouët, adjoint à la DRAF, Olivier Allain, président de la Chambre d’agriculture, Loïc Cauret, maire de Lamballe et président du Pays de Saint –Brieuc, Michel Morin, vice président du Conseil régional de Bretagne.

 



Retour Sommaire
Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Février 2011
Imprimer l'article Imprimer l'article



Quand le café devient grand cru





Dossiers Paysan Breton
Chiffres clés de l'agriculture bretonne
Contact
Abonnez-vous à
Paysan Breton
Recherchez une
petite annonce
Déposez une
petite annonce
Déposez une
annonce légale


(+ de 12812 depuis 1997)