Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
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Finistère (29)
Protection sanitaire du troupeau : L’assainissement bat sur tous les fronts
 

Les bovins bougent, mais sur de faibles distances. Sur les 26 400 animaux qui ont changé d’élevage  en 2010, près des trois-quarts (73 %) venaient du département. 93 % des bovins introduits dans les élevages finistériens étaient bretons. Avoir une politique sanitaire régionale a donc un sens. D’autant que la Bretagne dispose d’un des meilleurs statuts sanitaires de France. Si on en est là, c’est parce que « l’action sanitaire collective a réussi à rassembler l’ensemble des éleveurs », a rappelé Jean-François Tréguer, président du GDS 29.
Des propos pas anodins dans un contexte où le « schéma sanitaire collectif » est, depuis 2010, soumis à quelques turbulences. « Aujourd’hui, les initiatives de certains de nos partenaires qui souhaitent s’engager dans le domaine sanitaire, non pas pour répondre aux besoins des éleveurs, mais par souci de rentabilité de leur structure, représentent une montée inquiétante des logiques marchandes », regrette le président du GDS avant de déclarer : « On ne peut pas demander aux éleveurs de payer deux fois ».


Le grand braquet sur la « paratub »


Aujourd’hui, la paratuberculose est l’action sanitaire qui occupe le premier poste de dépenses du GDS (plus de 300 000 euros). Encore une fois, le premier rempart consiste à ne pas acheter la maladie sachant que 30 % des cheptels bretons sont touchés (loin des 70 % aux USA). « Il est particulièrement recommandé d’acheter des reproducteurs dans les élevages qualifiés ». Le GDS prévoit à court terme de diffuser la liste de ces cheptels sur son site www.gdsbretagne.fr
À noter que les GDS du Grand-Ouest ont lancé une vaste étude dont l’objectif est de proposer une méthode à moindre coût et utilisable à grande échelle afin de déterminer le statut des troupeaux laitiers et allaitants vis-à-vis de la maladie. L’objectif est de déterminer si le cheptel est infecté, excréteur ou, au contraire, ne présente aucune vache positive en anticorps, ni excrétrice. « Ce qui permettra d’orienter les échanges d’animaux entre cheptels de statuts équivalents ou supérieurs ».
La lutte collective reste donc la voie unique employée pour éradiquer la paratuberculose. « Tout simplement parce que nous n’avons plus que des méthodes sanitaires pour lutter dans la mesure où il n’y a plus de vaccin homologué » (le fabricant a arrêté la production du vaccin pour veau). « Depuis des années, nous renouvelons les demandes pour obtenir des autorisations d’emploi de vaccins utilisés dans d’autres pays. En vain… ».


Des bovins à 3 boucles plus chers


Si la BVD est au cœur de l’actualité sanitaire européenne, la Bretagne peut se féliciter  d’être la région de France la plus évoluée vis-à-vis de cette maladie : 83 % des élevages ont un statut A, c’est-à-dire assaini.
Alors qu’il a fallu 10 à 15 ans à la France pour assainir son cheptel, la Suisse a éradiqué la maladie en 2-3 ans. Aujourd’hui, les GDS bretons vont emboîter le pas sur cette méthode. En clair, il s’agit de réaliser un prélèvement de cartilage à l’oreille à l’aide d’une boucle spéciale qui, le cas échéant, garantit le statut de l’animal. « Une première expérimentation a été menée sur 900 animaux de 60 élevages bretons. Dans quelques semaines, je pense que les veaux qui auront trois boucles bénéficieront d’une plus-value », prédit Jean-François Tréguer.
Didier Le Du



 FCO : la vaccination en panne
Les responsables ont beau répéter qu’il « est important de vacciner », le taux de vaccination risque d’être très bas pour cette campagne. Les vétérinaires ruraux le constatent : « Très peu d’éleveurs vaccinent». Sauf les éleveurs de broutards potentiellement destinés  à l’export et de génisses amouillantes ou vaches en lait. Avec toujours ce problème du conditionnement des vaccins par 50 doses. Le coût du vaccin est en effet un frein à la vaccination volontaire. Mais aussi la corvée de manipulation et de contention des bovins. Un certain ras-le-bol des contraintes de tous ordres semble aussi jouer en défaveur de la vaccination. Sans occulter l’effet grippe humaine H1N1 pour laquelle la non-vaccination n’a pas entraîné pour autant d’épidémie. Nombre d’éleveurs en déduisent que ce qui est vrai pour la grippe l’est aussi pour la FCO. Affaire à suivre.




Légende photo : Les veaux qui auront trois boucles bénéficieront potentiellement d’une plus-value lors de la vente. Cette troisième boucle garantit le statut de l’animal au regard de la BVD.

 



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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Février 2011
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