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Ille et Vilaine (35)
CER France à la rencontre de ses adhérents : Gérer différemment son exploitation
 

Désengagement des pouvoirs publics, volatilité des marchés, concurrence internationale... Le monde de l'agriculture bouge, la gestion des exploitations se doit aussi d'évoluer. C'est en couplant des témoignages d'éleveurs qui entreprennent avec des messages forts concernant la gestion que les responsables de CER France Ille-et-Vilaine ont abordé ce thème central, lors des réunions des adhérents annuelles.
Aujourd'hui, "la variabilité des prix à la production et des charges (aliments, énergie...) vont devoir être intégrés dans le mode de gestion. Les agriculteurs devront anticiper davantage les investissements, regarder leur incidence sur le prix d'équilibre. En période faste, ils devront réaliser des placements facilement mobilisables en cas de difficulté", fait remarquer Valérie Fournier, conseillère d'entreprise CER.


Compétitivité, efficacité


La recherche de compétitivité et d'efficacité comptera aussi demain parmi les clés de la réussite. Certains producteurs y parviennent mieux que d'autres. Valérie Fournier évoque un prix d'équilibre en hausse sur l'Ille-et-Vilaine pour le  producteur laitier : 295 euros/1 000 L* en 2006/07 (clôtures 1er semestre 2007), contre 322 en 2009/10, alors que le prix de vente est lui passé de 290 à 287 euros. Mais elle met également en relief la dispersion des prix d'équilibre : moins de 280 pour 22% des adhérents, plus de 340 pour 37%.
En porc, le prix d'équilibre s'établit à 1,32 euro/kg net en 2009/10, en incluant 20 800 euros/UTHF de prélèvements privés. 9% des adhérents sont inférieurs à 1,15 euro/kg et 14% sont supérieurs à 1,45. "Alors que le prix au cadran est beaucoup moins variable ces dernières années, le prix de l'aliment joue au yoyo". La maîtrise de ce coût est donc une voie qu'empruntent certains producteurs comme l’EARL du Bois Joli, à Saint Marcel (56), l’un des témoins de la réunion.
Cette exploitation porcine fabrique son aliment à la ferme et a augmenté sa capacité de stockage. Des investissements qui ont été réalisés par étapes et raisonnés par rapport au prix d'équilibre. "En plus des céréales produites sur l’exploitation, nous stockons des céréales achetées par contractualisation sur plusieurs mois", explique Jacques Mainguy. Le gain est estimé à 20 euros par tonne. L’éleveur s’interroge désormais sur l’opportunité de se positionner sur le marché à terme. La mise aux normes bien-être a été anticipée également.
Au Gaec Mérel de Monterfil (35), les ventes de céréales sont fractionnées. "Le tiers de la future récolte de 2011 est déjà vendu. Nous vendrons un autre tiers à la récolte et nous conserverons le reste en stock, en prévision". Le risque est ainsi mieux maîtrisé.


Atelier pulvé en commun


Investir en commun est une autre solution dans un but de réduction des charges. C'est ce qui a été réalisé dans le cadre de la SEP (Société en participation) Alpha qui réunit cinq exploitations autour d'un pulvérisateur automoteur. "Le gain économique est de 7,90 euros/ha sans la main-d'œuvre", chiffre Jean-Michel Arondel, un des associés. Le regroupement a été élargi à l'achat de produits phytosanitaires. A dosage égal, la note s'est réduite de 10-15%. Les producteurs n'ont mis en place qu'un seul local phytosanitaire et le stockage de l’azote liquide est également partagé.
Au Gaec Serein au Verger (35), les trois associés agissent sur différents leviers pour réduire leurs charges : aliment, fertilisation, bâtiment, matériel... L'existant est optimisé. "Les décisions se prennent à trois, même si chacun a sa spécialisation".
L'augmentation de la valeur ajoutée par UTH est une autre option prise par le Gaec du P'tit Bois (Meillac - 35) qui produit du lait bio, dont 35 000 litres sont valorisés en camembert, fromage blanc et Ti pavez. Chez Patrick Rebillard (Saint-Brieuc des Iffs – 35), c'est un atelier de transformation et de vente de glaces de la ferme qui a été mis en place. Un moyen pour les producteurs de diversifier leurs débouchés.

Agnès Cussonneau

* avant autofinancement / prélèvement privé à 20 800 euros/UTH.



Des clés pour mieux gérer
Quelles que soient les orientations prises sur l'exploitation, le CER préconise de réaliser un bon diagnostic de sa structure comprenant les points forts, les points faibles, ainsi que la connaissance du prix d'équilibre et de la solidité financière. Viennent ensuite le calcul du prix d'équilibre prévisionnel, la gestion de la trésorerie et le choix d'indicateurs-clés. "Un tableau de bord permettra de suivre ces indicateurs, propres à l'exploitation, et de corriger la trajectoire si nécessaire", ajoute Valérie Fournier.




Légende photo : Valérie Fournier, Conseillère d'entreprise CER 35

 



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Date de l'article : semaine du N° du 4 au 10 Février 2011
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