
Nous demandons l’application du principe de précaution : c’est-à-dire indiquer la mention d’origine des viandes », a insisté Emile Riou, président de la section porcine, lors d’un point presse. Et d’expliquer que, depuis le problème de la dioxine, « les Allemands ont noyé les marchés italien et polonais. Des marchés sur lesquels la Bretagne exportait ses porcs et où les Allemands livrent aujourd’hui sans prix ».
Dans ce contexte explosif, la FDSEA demande « l’application immédiate de l’accord interprofessionnel, l’activation du stockage privé avec des restitutions aux exportations vers les pays tiers pour, qu’à terme, cette viande ne vienne pas encombrer le marché européen ».
Objectif poursuivi par les producteurs : retrouver
un prix rémunérateur récemment amputé de plus de 30 centimes alors que le prix de l’aliment « a doublé depuis l’année dernière et qu’une hausse de 30 €/t est encore attendue à court terme ». Et Emile Riou de commenter : « Aujourd’hui, 200 élevages sont en situation de dépôt de bilan en Bretagne. L’édifice se fragilise dangereusement comme un château de cartes. Il faut se souvenir que l’agriculture et l’agroalimentaire représentent 38 % de la valeur ajoutée de la région ; le tourisme ne représentant que 4 %. Dans ces conditions, nous ne comprenons pas que les pouvoirs publics ne bougent pas. On a su mettre de l’argent pour renflouer le secteur l’automobile quand il était en proie à des difficultés. Comment l’Etat peut-il abandonner 2 000 entreprises agricoles qui génèrent 16 000 emplois », se désole le président de la section porcine.
La mobilisation de la FNP est également l’occasion pour la FDSEA de contester la politique tarifaire de la grande distribution. « Les donneurs d’ordres sont les GMS. Peut-on m’expliquer comment un kg de cochon qui sort à 1,50 € de l’élevage se voit appliqué un coefficient de 8,70 jusqu’au consommateur », interroge E. Riou, citant d’autres chiffres que beaucoup de Français ignorent : « Si 90 % du porc frais est d’origine française, 60 % de la viande élaborée est importée. Encore une fois sous la pression de la GMS ».
Photo : Emile Riou, président de la section porcine du Finistère (à droite) a tenu un point presse, avant d’aller à la rencontre des élus, accompagné d’autres éleveurs.