
La première escale finistérienne du forum pour une nouvelle alliance a eu lieu à Saint-Pol de Léon, mercredi 19 janvier. Rapidement, les attentes formulées par les représentants économiques ont évolué vers leur besoin de compétitivité. Sur les circuits courts, la demande de renforcement des relations entre production et collectivités locales est insistante. À l'heure de l'ouverture du transport combiné rail – route au départ de Rennes, les problématiques liées à l'isole-ment de la région ont logiquement été plus approfondies que lors de la première réunion, à Lamballe (voir PB du 21 janvier). Pour les filières d'exportation, "il est fondamental d'améliorer la logisti-que pour rester sur les mar-chés", soutenait le président de la Sica de Saint-Pol, Pierre Bihan-Poudec. Conscient que la réflexion est à engager avec le maximum de filières, Emmanuel Guillery, directeur de Bretagne Plants, a lui plaidé pour "un renforcement des transports maritimes afin d'arrêter les containers en Bretagne ou à proximité". Pour Jean-Michel Favé, le président du Gab 29, l'avenir de la bio passe aussi par l'accessibilité aux marchés, "le bio ne vivra pas uniquement par les circuits courts. Il faut que le conseil régional nous aide à construire ces filières".
Rôles économiques et sociaux
Autre sujet largement abordé par la centaine de participants, l'installation dont le nombre ne compense pas les cessations, "face aux 100 installations en 2010 dans le département, il y a eu 300 départs et il n'en reste pas moins que les campagnes se vident", argumentait Jean-Michel Favé. Jacques Jaouen, président de la chambre régionale d'agriculture relevait pour sa part que par rapport à d'autres bassins, la Bretagne a conservé un nombre plus important d'exploitants, "et nous avons été la région qui a le plus installé en 2010, avec les Pays de la Loire". Après avoir glissé que les éleveurs et les serristes pourraient être des acteurs de la production électrique régionale, Jacques Jaouen est aussi revenu sur les demandes exprimées par la société vis-à-vis de l'agriculture, mettant en avant l'incompatibilité entre cette demande et la consommation foncière croissante. Et l'élu agricole de rappeler, "si mon entreprise est rentable, je peux investir pour l'environnement"…
L'intention est bonne
À la fin de la rencontre, le président de la Chambre d'agriculture se montrait satisfait des échanges qui avaient eu lieu au cours du forum. "La démarche de faire dialoguer des gens qui ne le font pas d'habitude pour créer une dynamique en faveur de l'agriculture est louable même si cela ne résoudra pas tous les problèmes. Mais, par exemple, si les jeunes candidats à l'installation sont mieux soutenus grâce à cela, ça sera déjà une avancée".
Ronan Lombard
Photo : Les intervenants ont globalement partagé l'idée que toutes les agricultures ont leur place dans la région. Le travail à mener consiste surtout à organiser les filières pour améliorer leur compétitivité.