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Sommaire | " PRODUCTIONS " | Légumes | Article n°11498 |
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Légumes / Station expérimentale de Pleumeur-Gautier (22) - Des essais adaptés à la tomate en sol
 

Du fait de plusieurs années difficiles précédant 2010, certains maraîchers en conventionnel se posent la question du bio pour mieux valoriser leurs productions. "Le marché en tomates bio se développe, notamment sur les circuits longs. La recherche de variétés vrac et grappes adaptées au transport et qui soient satisfaisantes au niveau du goût fait partie de nos thématiques d'essais", note Hervé Floury, responsable des expérimentations sous serres et abris à la SECL (Station expérimentale de cultures légumières).
La segmentation est également demandée par les expéditeurs. "Depuis plusieurs années, nous travaillons sur la recherche de variétés anciennes, pas spécifiquement en bio. Une centaine de variétés ont été testées : Coeur de boeuf, Noire de Crimée, tomate ananas... Nous sélectionnons maintenant des variétés anciennes adaptées au bio, des tomates cerise bio...".


Rustiques et résistants


En agrobiologie, les plants de tomates doivent être résistants aux maladies, et rustiques car le cahier des charges exige qu'ils poussent en pleine terre. Clé du système bio, les rotations sont un autre thème de travail majeur sur la station. "Sans oublier de faire une pause de temps en temps, par exemple avec le radis fourrager en couvert végétal sur l'hiver qui présente plusieurs points positifs : il n'est pas hôte des nématodes, s'étend bien avec peu d'exigences en fertilisants, et permet un apport de matières organiques "fraîches" dans le sol". Des cultures associées, telles que l'oeillet d'Inde aux vertus insecticides et nématicides, sont également testées.
En alternance avec le concombre et la tomate, le poivron, moins sensible aux nématodes, peut aussi être intéressant. "La rentabilité des cultures de la rotation est forcément prise en compte pour pouvoir amortir des outils qui restent coûteux : de l'ordre de 50 euros/m2 pour une multichapelle et de 15 euros/m2 pour un tunnel simple. Pour conduire ce type de cultures, l'automatisation de l'aération est importante".
La réduction du chauffage est aussi un objectif en bio. "Alors que certains pays comme les Pays-Bas sont moins regardants sur la consommation énergétique, en France, le chauffage sert surtout à préserver la culture du gel. Toutefois, arriver assez tôt (en mai) dans la saison est important commercialement". Un équilibre est donc à trouver, sachant que les orientations européennes vont plutôt vers une baisse de l'énergie dans les serres.
Répondant au bio comme au conventionnel, certaines expérimentations de la station visent la réduction de l'impact de l'activité sur l'environnement. "Nous avons testé la faisabilité d'une pompe à chaleur comme mode de chauffage. Nous avons mis au point un système de recyclage des eaux de drainage simple et efficace. En collaboration avec la station d'Auray (56), nous expérimentons aussi les biomatériaux pour le paillage, les ficelles, les clips", détaille Hervé Floury.

Agnès Cussonneau


Photo : Aux pieds des plants de tomates, des oeillets d'Inde aux vertus insecticides et nématicides.

 




Cultures en terre dans les années 80
Les essais de tomate en pleine terre ne datent pas d'hier sur la SECL, créée en 1982. Ils répondaient aux attentes des légumiers qui s'étaient lancé dans la production de tomates à la fin des années 70, sous tunnel froid ou en plein champ. Ces cultures récoltées en juin-juillet-août succédaient aux productions de salades de mars. A partir de la tempête de 1987, les producteurs ont investi dans des outils plus solides : multichapelles plastiques, puis serres verre chauffées à partir de 1992. Les multichapelles ont aussi été chauffées (air pulsé) et la culture de salade y a été stoppée du fait de transitions devenues très courtes entre les deux cultures.


 



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Date de l'article : semaine du N° du 28 Janvier au 3 Février 2011
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