
L'élevage était constitué début 2010 de 9 500 dindes repro en 4 bâtiments (4 300 m2), sur 2 sites. La neige tombée en janvier 2010 a sérieusement endommagé la toiture de 2 poulaillers. "Nous avons profité de cet événement pour nous remettre en question", expliquent Andrée et Gérard Rault, installés au Quillio (22).
La production française de dindes a beaucoup diminué depuis quelques années. Fallait-il persévérer ? "Nos deux fils, Sébastien et Mickaël sont salariés de l'élevage depuis 5 à 10 ans. Nous souhaitons pérenniser notre outil de production pour permettre leur installation". Non loin de là, à Pontivy, UKL-Arrée a créé un couvoir en 2009. "Nous sommes à la recherche d'élevages repro supplémentaires pour alimenter ce couvoir", déclare Jean-Pierre Gallais, son responsable. Face à ces propositions, la famille Rault a saisi l'opportunité en reconvertissant son élevage en poule repro.
Automatiser le ramassage
Un investissement conséquent car il a fallu construire à neuf 2 poulaillers endommagés par la neige, en rénover 2 autres. Et surtout changer le matériel intérieur qui ne convenait pas aux poules. "Nous avons rapatrié l'ensemble des bâtiments sur un même site, pour améliorer la protection sanitaire et les conditions de travail".
Les pondoirs automatiques doubles Vencomatic, à lumière tamisée, sont situés au centre de chaque bâtiment. "Leur fond mobile repousse les poules après la ponte, les empêchant de couver et permet ainsi d'obtenir un tapis propre, donc des œufs de qualité supérieure", explique Gwénaël Chevance de Mafrel. Les œufs sont acheminés en bout de poulailler par un tapis perforé. Au pied des pondoirs, des caillebotis en plastique, à orifices ovales, ont été étudiés pour minimiser les blessures aux pattes, tout en évacuant bien les fientes.
Les convoyeurs qui transportent les œufs vers le local de conditionnement sont conçus pour les traiter en douceur. "À l'entrée du local, la calibreuse pèse automatiquement les œufs à couver selon 3 catégories de poids prédéfinies. L'emballeuse automatique les dispose sur les plateaux d'incubation avec les pointes en bas". Une série de caméras, à la sortie des convoyeurs, permet de visualiser à distance le cheminement des œufs et d'accélérer si besoin la vitesse du tapis. Avec cette chaîne de conditionnement, l'opérateur visionne sur son écran tactile, le pourcentage de ponte, d'œufs à couver, les graphi-ques d'uniformité…
Protection sanitaire
Le volet sanitaire du projet a été bien étudié. Les 4 bâtiments fonctionneront en bande unique. "À l'intérieur, une ventilation dynamique à extraction haute, des parois lisses facilement lavables et désinfectables, des sols en béton, des soubassements en banché", détaille J.P. Gallais. "Et à l'extérieur, les poulaillers sont entourés d'un grillage avec sas sanitaire et douche à l'entrée".
Le rationnement alimentaire est un impératif dans la conduite d'un d'élevage repro. Chaque poule doit consommer une quantité précise d'aliment/jour en fonction du cycle de ponte. "La pesée est centralisée sur une bascule automatique et l'aliment est convoyé vers les trémies de chaque bâtiment, selon une programmation à heure fixe", explique Jean-Luc Urvoy, de Rapidex. Le système permet de connaître à tout moment la quantité consommée et l'état du stock.
44 semaines de ponte
Chaque poulailler contient de 7 800 à 9 600 poules avec 9 % de coqs en plus. Deux souches Hubbard ont été choisies JA 87 et JV, croisées avec des coqs M77. Les poussins sont destinés à produire des poulets légers ou standards. Les poules restent en moyenne 44 semaines dans l'élevage (de 20 à 64 semaines d'âge), avec une production moyenne de 220 œufs à couver pour la JA 87 et 178 pour la JV.
"La remise à neuf de l'élevage ainsi que les innovations nous offriront de bonnes conditions de travail et la possibilité de suivre précisément les performances techniques", confient les éleveurs. Des atouts qui s'ajoutent à l'expérience déjà acquise par la famille dans la conduite d'un élevage repro.
Patrick Bégos
Photo : Au centre du poulailler, les pondoirs automatiques doubles. De chaque côté, les caillebotis d'accès et la zone de vie des poules avec chaînes d'alimentation et abreuvement sur sol béton.
Atteindre 1 million de poussins/semaine
Le couvoir UKL-Arrée de Pontivy monte progressivement en production. Une première tranche de travaux permet de produire 700 000 poussins/semaine. Une seconde va bientôt démarrer pour 250 000 poussins supplémentaires. S'y ajoutent les productions de dindonneaux et de canetons réalisées dans d'autres couvoirs du groupe. Celui de Pontivy est approvisionné par des élevages répartis dans le Grand Ouest. La taille moyenne d'élevage est de 2 à 3 bâtiments pour 20 000 poules repro.