
Bientôt 40 ans que la Limousine est présente sur cet élevage situé en lisière de Quimper. « Mon père avait acheté trois génisses dans le berceau de race », a raconté Monique Jannès aux adhérents du Limousine Finistère, venus découvrir l’élevage lors de l’assemblée générale du syndicat de race.
Du lait et des bassins larges
Aujourd’hui, le troupeau compte 55 mères et une quarantaine de génisses de renouvellement. Auxquelles il faut rajouter deux taureaux : un pour le rattrapage et l’autre vasectomisé pour le repérage des chaleurs. « J’insémine tout sur chaleurs naturelles. J’ai essayé la synchronisation, mais ça fait beaucoup de manipulations », indique l’éleveur, en faisant remarquer qu’il y a deux périodes de vêlage : « Du 15 août au 1er octobre environ ; et à partir de mars-avril ». Un choix qui participe à obtenir un intervalle vêlage-vêlage de 390 jours en moyenne (419 jours pour les primipares).
Pour les vêlages de fin d’été, les inséminations ont lieu durant la période de stabulation. Ce qui facilite la contention. Pour le second lot, l’ensemble du troupeau est rentré à chaque fois qu’il y a une insémination. « Une opération pas trop difficile puisque les terres sont groupées autour des bâtiments ».
Le recours à l’insémination permet d’obtenir des animaux de haute qualité. Tant sur le plan boucher que maternel. « Je recherche des animaux avec un bon bassin, avec du lait ; et bien sûr de la viande », précise Monique Jannès dont le troupeau est inscrit au contrôle de croissance.
La politique de sélection se mesure sur les bordereaux de pesée. Le poids moyen des femelles en label est de 440 kg dont 83 % de femelles classées U. Pour un prix moyen de 4,16 € en moyenne sur les trois dernières années (1 824 € en moyenne).
Deux régimes hivernaux
Sur cette exploitation qui compte 46,25 ha de prairies, dont 14 ha de prairies naturelles et 8 ha de pentes caillouteuses, le régime herbager domine. En hiver, les vaches reçoivent une ration limitée de maïs (2 kg MS pour les gestantes et 7-8 kg MS pour les vaches en lactation), complétée de paille à volonté pour les premières et de foin à volonté pour les vaches avec veau. « Sauf que cette année, le foin manque ».
La ration des vaches en lactation est complétée de 1,2 kg de tourteau de colza et 0,5 kg d’orge (+ 150 de minéral). L’équilibre de la ration des taries est assuré par 0,9 kg de tourteau de colza (+150 g de CMV).
Sur le plan sanitaire, à signaler que les jeunes sont vermifugés deux fois par an : en juin et à la rentrée à l’étable. « Je pratique un anticoccidien à 21 jours avec rappel à 42 jours. Un Bovigrip® est réalisé systématiquement sur les veaux de moins d’un an », précise l’éleveur qui note aussi une administration de Biodyl® ou de Séléphérol® aux veaux, voire un cachet de sélénium et d’iode selon les cas. « Nous sommes ici sur des terrains granitiques, donc pauvres en sélénium », fait observer Raymond Barré, technicien à la Chambre d’agriculture.
Didier Le Du
Photo : Monique Jannès a fait visiter son élevage aux adhérents de Limousine Finistère.