Actualités agricoles Paysan Breton en Bretagne, Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan
Sommaire | " LES DÉPARTEMENTALES " | 29 | Article n°11478 |
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Finistère (29)
Le Choucas des tours / Petit corvidé, gros dégâts
 

Faut-il faire un parallèle entre le nombre d’édifices religieux et les populations de choucas. Le raccourci est un peu à « tir d’aile ». D’autant que les nombreux clochers de chapelles et d’églises finistériens ne suffisent plus pour abriter ce corvidé en fort développement depuis une dizaine d’années. Corvus monedula (c’est son nom scientifique) conquiert désormais les cheminées. Au risque d’obturer les conduits et d’asphyxier les occupants, comme cela a failli être le cas récemment à Poullaouen.


88 % des communes occupées


En tout cas, si choucas prend toujours un « s », c’est peut-être aussi parce que cet oiseau grégaire ne vit jamais seul. Une évaluation de 1954 montrait que ce corvidé qui vit en bande était présent dans une commune finistérienne sur deux. En 2010, 88 % des communes résonnent au « tiak tiak » qui accompagne le vol de ces oiseaux qui tournoient de plus en plus nombreux dans le ciel de la pointe bretonne. Seule la Presqu’île de Crozon échappe pour l’instant à sa présence, fait remarquer Bretagne Vivante qui a réalisé des comptages.
Selon les extrapolations de l’association, il y aurait entre 19 000 et 31 000 oiseaux en âge de se reproduire sur le département. À raison de 4,7 jeunes par couple, l’espèce n’est pas prête à disparaître. D’autant que sa longévité est estimée à 14 ans et que le choucas est protégé depuis 1989. « Seuls les tirs organisés par les lieutenants de louveterie sont autorisés », précise Guy Huitric, de la DDTM, indiquant que l’autorisation de 400 prises sur le Finistère a été remplie au cours de 27 opérations menées en 2010. Faut-il préciser qu’abattre un choucas sans autorisation est un délit susceptible d’être puni d’une amende de 1 600 € …


Demande de dérogation pour 1 000 oiseaux


C’est donc en quasi (toute) impunité que les choucas peuvent continuer à se rassasier sur les cultures agricoles. Si l’essentiel des dégâts est observé sur les grandes cultures (maïs, céréales), les légumes sont également attaqués par cet opportuniste. « Il déplante les échalotes, saccage les cultures de pois, etc. », explique Jean-Claude Carn, chargé du dossier à la Chambre d'agriculture, qui cite des cas de dégâts évalués à plus de 3 000 € sur une culture d’échalotes et de 700 €/ha sur pois.
Bref, de quoi mettre à vif les nerfs des agriculteurs dont les parcelles sont régulièrement la cible de ce vide-greniers. « Depuis plusieurs années, nous avons demandé aux agriculteurs de chiffrer les dégâts et de les faire remonter au niveau départemental. Mais, aujourd’hui, faute d’actions concrètes significatives – hormis les tirs autorisés – on observe une certaine lassitude. D’où des évaluations de dégâts moindres depuis un an », observe Didier Goubil, élu Chambre d'agriculture. « Parce qu’à la fin, ils estiment qu’ils font tout cela pour rien. Puisque rien ne bouge ».
Reste que, suite à l’évaluation des populations par Bretagne Vivante en 2010 et au consensus du comité de pilotage (DDTM, Fédération des chasseurs, Féfidec, Bretagne Vivante, Chambre d’agriculture), la profession agricole va présenter une demande de régulation supplémentaire auprès du Conseil national de protection de la nature. « Notre souhait est que l’autorisation de tir soit portée à 1 000 individus par an pour les trois campagnes à venir. Sachant que cela ne représente que 3,7 % des jeunes individus de l’espèce ».


Didier Le Du


 


Photo : Plus petit que la corneille, le choucas des tours a un plumage noir légèrement plus clair sur les flancs et la poitrine. Il recherche sa nourriture en groupe et peut former des grandes bandes pour passer la nuit.








Un épouvantail  sonore

Compte tenu du statut d’espèce protégée, une seule mesure de protection des cultures est possible a priori : l’effarouchement.
La méthode Ornithofuga mise au point par l’Inra est testée depuis 3 ans. Cette technique s’appuie sur l’émission de cris d’oiseaux. Le procédé aboutit au départ des choucas de la parcelle. Malheureusement, il ne fait que déplacer le problème … chez le voisin.
Le CD est en vente (site Fnac.com). Des extraits sont également téléchargeables gratuitement sur www.musicme.com/ (Des cris pour effrayer les étourneaux sont également disponibles : il suffit de brancher des haut-parleurs devant les tables d’alimentation des bovins !).



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Date de l'article : semaine du N° du 21 au 27 Janvier 2011
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